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Sofia Arsenii : Université Laval
L’évolution du contexte socioéconomique et culturel exacerbe les difficultés liées au processus de choix scolaire et professionnel et complexifie l’accompagnement en orientation : l’indécision, la désillusion, l’injonction au projet et les choix contraints, sont autant d’obstacles qui jalonnent le parcours scolaire des étudiant.e.s, rendant leur accompagnement difficile pour les conseiller.e.s d’orientation. La présente communication porte ainsi sur l’épreuve du choix définie comme un ensemble de décisions ou d’événements ayant des répercussions importantes dans un parcours scolaire et professionnel, tel que vécu par les étudiant.e.s et les conseiller.e.s en orientation (Bergeron, 2013; Martucelli, 2006). Les processus de choix scolaire et de carrière sont analysés à la lumière des travaux de Dubet (2001) sur le « déclin des institutions ». Alors que le monopole des institutions telles l’école s’affaiblit, les acteurs sont confrontés à des logiques d’actions contradictoires.
L’analyse secondaire de deux corpus de données qualitatives (l’étude longitudinale RELÈVE et la recherche collaborative GAP-ORIENTATION) permet un croisement inédit des points de vue des cégépien.ne.s et des conseiller.e.s d’orientation quant au choix scolaire. La discussion aborde un aspect de l’évolution de la profession d’orientation, sous l’angle des compétences à mobiliser dans ce nouveau contexte.
La profession de conseiller d’orientation (co) évolue et se transforme au gré des changements sociaux, politiques, culturels, économiques et technologiques qui mettent en jeu tant les exigences de formation, l’orientation des pratiques que les conditions d’exercice des co pour répondre adéquatement aux besoins de la population (Herr, 2013; Martin, Turcotte et Matte, 2013; Mellouki et Beauchemin, 1995). La pluralité et la complexité contemporaines des problématiques auxquelles les co sont confrontés accentuent en effet la nécessité d’une formation initiale et continue exigeante et adaptée. Pensons aux difficultés d’insertion et d’intégration culturelles et socioprofessionnelles vécues par les personnes immigrées (Béji et Pellerin, 2010) ou en situation de minorité linguistique (Samson, Sovet, Cournoyer et Lauzier, 2016), celles des populations éloignées du marché du travail dont la précarité socioéconomique se double souvent de troubles de santé mentale (OCDE, 2015), ou encore aux défis d’orientation scolaire des élèves handicapés, ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage dont le nombre se multiplie dans les établissements d’enseignement (Picard, 2016). Une sensibilité grandissante s’est développée dans le champ de l’orientation pour les inégalités sociales et pour la prise en compte du poids des contraintes systémiques dans les parcours de vie des personnes (Sultana, 2014; Blustein, 2016; Le Bossé, 2011). Au Québec, le législateur a reconnu la complexité des activités d’orientation auprès des personnes vulnérabilisées et a réservé certaines d’entre elles aux co (Gouvernement du Québec, 2012). Toutefois, les pratiques des co sont continuellement confrontées et soumises à des logiques financières et comptables qui influent sur la disponibilité et la qualité des services (Viviers et Dionne, 2016). Ce colloque propose une période d’échange et de réflexion critique sur les enjeux et sur les défis actuels et pluriels de la formation et de la pratique chez les co.
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