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Utiliser les médias pour vulgariser et transférer les connaissances scientifiques

JF

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Jean-Sébastien Fallu : Université de Montréal

Résumé de la communication

La relation entre les médias et la communauté scientifique n’est pas toujours facile ni heureuse. Elle est même foncièrement incompatible vu la nécessaire synthèse, simplification et polarisation qui caractérisent généralement le traitement médiatique des informations, sans compter le sensationnalisme qui en gagne certains, par opposition aux exigences de nuances, de détails et de conclusions ambigües de la science. D’autres enjeux liés à la valorisation de la diffusion médiatique par l’institution universitaire posent aussi des défis. Des défis organisationnels ne sont pas en reste alors que le chercheur sollicité par les médias peut être victime de son succès et se trouver en déséquilibre face à ces exigences qui peuvent parfois nuire à la réalisation de ses autres tâches, celles-là mêmes pour lesquelles il est un expert reconnu par les médias. Pourtant, les médias traditionnels (presse écrite, radio, télévision, etc.) et sociaux (Twitter, Facebook, etc.) sont des outils puissants de vulgarisation et de diffusion de la science pour qui sait bien les utiliser. Plusieurs trucs et astuces peuvent être adoptés afin de minimiser les risques d’un tel exercice et d’en maximiser le potentiel. C’est l’objectif de cette conférence; soit soutenir les chercheurs afin d’optimiser leur transfert des connaissances vers la population générale, les milieux cliniques et les milieux politiques en passant par les médias.

Résumé du colloque

En date du 8 janvier 2017, l’article Les tricheurs de la science, publié par la journaliste Marie-Claude Malboeuf, a été partagé sur Facebook plus de 2700 fois, sans compter le nombre considérable de commentaires témoignant d’une vive réaction de la part de la population. Cet article, avec les commentaires qui en découlent, est un exemple parmi tant d’autres de l’incompréhension de la part du public par rapport à la recherche. Dans une ère où les connaissances foisonnent, il devient primordial de les traduire afin qu’elles puissent être utilisables par la société. Or, il apparaît que les acteurs clés du processus de production et de diffusion des connaissances travaillent généralement en silo et négligent l’importance de l’alliance des compétences. De fait, les rôles différents des médias et de la communauté scientifique semblent nuire à l’union de leur force qui permettrait pourtant une meilleure promotion des connaissances issues de la recherche. Il en est de même pour certains établissements cliniques, qui ont de la difficulté à faire valoir leur besoin de recherche auprès des chercheurs. Il va sans dire que les milieux politiques et la communauté scientifique gagneraient aussi à consolider leur partenariat. Ainsi, les milieux scientifiques, cliniques, politiques et les médias pourraient bénéficier d’une collaboration renforcée, ce qui par le fait même, offrirait une meilleure visibilité de la recherche en science humaine et sociale auprès de la population générale. Enfin, devant la croissance exponentielle des sources et des données disponibles, il importe de réfléchir ensemble à la place que doit occuper la recherche au sein de la société. Confrontée à des politiques, des médias et même des scientifiques qui opposent les sciences dites « pures » aux sciences humaines et sociales trop souvent dites « molles », il est maintenant l’heure de redonner ses lettres de noblesse à la production scientifique émanant de ces dernières.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 10 mai 2018

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