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Jessica Riel : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans les milieux de travail à prédominance masculine, les femmes sont davantage susceptibles d’être victimes de violence en raison de leur statut minoritaire et des rapports sociaux de sexe. Bien qu’aucune étude ne s’y soit intéressée, tout porte à croire que la situation est similaire pour les enseignantes, également minoritaires, d’un métier à prédominance masculine (MPM) en formation professionnelle (FP). Étant donné l’absence de connaissances sur le sujet dans les écrits scientifiques, nous avons documenter, à partir d’une approche écosystémique de la santé au travail prenant en compte les rapports sociaux de sexe, la violence au travail en enseignement d’un MPM et FP. Une analyse thématique de données secondaires issues de 30 heures d’entretiens semi-dirigés réalisés auprès de 12 enseignantes de MPM en FP a été réalisé. Cette analyse révèle la présence de violences envers les enseignantes qui sont parfois visibles, parfois invisibles, se manifestent de différentes manières et proviennent de différentes personnes. La culture au sein des métiers, l’absence de soutien collectif et le manque de confiance envers le système de gestion des plaintes font en sorte que plusieurs enseignantes se sentent isolées et ont l’impression de ne pas pouvoir se faire entendre. En plus de présenter les résultats de la recherche, cette communication s’attardera aux stratégies mises en place lors de la collecte de données pour aborder la thématique de la violence au travail.
Les transformations que connaît le monde du travail, comme la précarisation de l’emploi, l’intensification du travail et la présence croissante de nouvelles formes de technologies, contribuent aux problèmes de santé des travailleuses et travailleurs. Plusieurs recherches démontrent que les conséquences ne sont pas les mêmes pour tous et que certaines populations sont plus vulnérables que d’autres, à savoir les femmes et les personnes immigrantes et racisées. En effet, ces populations sont exposées à des risques particuliers en raison des rapports sociaux en milieu de travail qui contribuent aux inégalités sociales et de genre en santé au travail. L’analyse de ces rapports s’avère donc nécessaire pour rendre compte de ces inégalités et les réduire. Cela pose toutefois des défis pour la recherche et l’intervention dans le domaine de la santé au travail, notamment parce qu’il est difficile d’aborder cette question avec les divers intervenants des milieux de travail et d’agir en prévention. Comment peut-on apporter des changements dans les milieux de travail afin de réduire les atteintes à la santé au travail mais aussi de réduire les inégalités? Est-il possible de faire de la prévention tout en réduisant les inégalités sociales et de genre? Quelles sont les approches et les méthodes à préconiser? Lorsque nos résultats révèlent des inégalités sociales et de genre, quelles stratégies utilisons-nous pour présenter les résultats dans les milieux de travail sans faire ressortir des stéréotypes? Comment réagissent les milieux de travail à l'égard de tels résultats?
Ce colloque a pour objectif de discuter 1) des constats issus des dernières recherches et interventions en santé au travail portant sur les inégalités sociales et de genre; 2) des approches et méthodes préconisées dans le domaine pour considérer les rapports sociaux et de genre en santé au travail; 3) des défis à relever pour favoriser cette prise en compte et réduire les inégalités sociales et de genre en santé au travail; et 4) des moyens pris ou à prendre pour réduire les inégalités sociales et de genre en santé au travail. Il permettra de recueillir des points de vue interdisciplinaires sur la manière de considérer les rapports sociaux, dont ceux liés au genre, dans la compréhension des situations de travail créant des inégalités de santé ou d’accès au travail. Les contributions devraient pouvoir mettre en valeur des méthodes et des stratégies de recherche et d’intervention qui sont favorables aux transformations sociales et de genre dans les milieux de travail.
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