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Tiffany Andry : Université libre de Bruxelles
De nos jours, les visualisations de données ont le vent en poupe sur les médias socio-numériques. Il s’agit de représentations visuelles assistées par ordinateur. Nous abordons la visualisation de données comme un objet numérique. Très répandue sur le web, elle est souvent ornementée : une importance est accordée à son apparence visuelle, allant de décorations minimes à la mobilisation d’images et arrières plans plus conséquents.
Nous avons relevé plus d’une soixantaine de principes qui visent « l’efficacité » et « l’objectivité » de la visualisation. En bref, ils préconisent la simplicité et le minimalisme dans la conception des visualisations de données. Or, les visualisations de données numériques d’aujourd’hui s’en éloignent bien souvent, tendant vers l’ornementation. Au regard des principes de la visualisation d’information, elles relèvent d’un mauvais design. Au-delà de la conception, des éléments comme le sujet de la visualisation, sa source ou encore les aptitudes de l’individu qui la réceptionne peuvent influer sur la réaction émotionnelle de l’individu qui consomme la visualisation. Ces émotions jouent un rôle important dans l’engagement de l’individu envers la visualisation.
Les ornementations des visualisations de données provoquent-elles une réaction émotionnelle positive sur l’individu ? Dans cet article, nous souhaitons mettre en balance le design émotionnel et les principes de conception de visualisation de données.
Cœurs, emoji, « likes » sur Facebook et ailleurs. Les dispositifs numériques permettent à chacun d’énoncer ses émotions par des signes spécifiques s’inscrivant aujourd’hui dans nos échanges quotidiens (Allard, 2014). Les organisations et les marques ont su s’emparer de ce phénomène et s’appuient sur ces marqueurs émotionnels dans leurs communications en ligne. Si les plateformes dominantes du Web, ainsi que les discours propres aux professionnels du marketing et de la communication, emploient la notion d’« émotion », il convient de tracer ses limites. Les recherches en psychologie inscrivent en effet celle-ci dans le spectre cognitif d’un individu (Scherer, 2005). On peut cependant considérer que, dans un contexte d’économie de l’attention, le recours à ces signes émotionnels ne vise pas qu’à partager ce que l’on ressent, mais aussi à produire un effet sur ceux à qui l’on s’adresse. La notion d’affect, entendue comme ce qui circule entre les corps, voire les objets et les corps, afin d’avoir un effet sur eux (Ahmed, 2004), est alors pertinente pour observer ce qui circule par les interfaces des plateformes numériques. Un Web affectif se dessine ainsi (Alloing et Pierre, 2017), et la gestion comme l’expression de nos affects deviennent des leviers de marché autant que des compétences socioprofessionnelles (Martin-Juchat, 2014). Dans ce contexte de communication affective numérique, la relation entre les marques et leurs publics ou clients intègre ces codes émotionnels afin d’optimiser au mieux leur présence numérique et leur réputation (Alloing, 2016).
Ce colloque souhaite étudier et mettre en perspective le tournant affectif et émotionnel du Web, et plus largement de l’économie du numérique. En quoi les dispositifs numériques permettent-ils réellement de produire et faire circuler des affects ou des émotions? Comment les organisations s’insèrent-elles dans ce Web affectif? Quelle éthique de la « donnée affective »?
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