Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Brigitte Otis : CIUSSS Saguenay-Lac-St-Jean - CLSC de Chicoutimi
Une offre de service de groupe de psychothérapie brève a été développée en 2015 par l’équipe spécialisée régionale en santé mentale du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay–Lac-Saint-Jean, s’inspirant d’un modèle implanté depuis 2012 au CIUSSS de la Capitale-Nationale. L’offre de service s’adresse à une clientèle de 1e ligne en santé mentale de Chicoutimi, Jonquière, Alma et Roberval qui présente une organisation limite de la personnalité. Le groupe permet d’intervenir rapidement et une amélioration de la régulation émotionnelle, un contrôle de l’impulsivité et une meilleure gestion des difficultés relationnelles. Les données cumulées ces deux dernières permettent de conclure à la pertinence de celui-ci. Ainsi, l’implantation du groupe a contribué à l’amélioration de l’accessibilité aux services de psychologie dans le secteur de Chicoutimi. Il a aussi eu un impact positif sur le bien-être de la clientèle ayant bénéficié du groupe tel qu’évalué par une mesure d’impacts pré-post traitement (version francophone du Outcome Questionnaire; Lambert et al., 2004). Il s’avère enfin que cette clientèle a démontré un taux de satisfaction élevé envers les services reçus, tel qu’évalué à l’aide du Questionnaire sur la satisfaction des services (Sabourin et al., 1989).
Les troubles de la personnalité (TP) se définissent comme des modalités durables de l’expérience vécue et des conduites qui dévient de la culture d’un individu en ce qui a trait à la cognition, à l’affectivité, au fonctionnement interpersonnel et au contrôle des impulsions. Le modèle catégoriel de classification des TP définit 10 troubles distincts à partir d’une série de critères diagnostiques, les plus connus étant les TP limite (instabilité de l’humeur, des relations et de l’identité, impulsivité), antisociale (mépris et transgression des droits et des normes sociales, impulsivité, absence de remords, tendances à tromper) et narcissique (fantaisies et comportements grandioses, besoin d’être admiré, manque d’empathie). Or l’approche dimensionnelle, voulant que des variations extrêmes ou des configurations particulières de traits de personnalité fondamentaux et universels (tels que le névrosisme et l’antagonisme) puissent donner lieu à des manifestations infracliniques, mais non moins problématiques, représente maintenant le nouveau paradigme en ce qui a trait à l’évaluation de la personnalité, tant dans la population générale qu’auprès de groupes cliniques. Les TP affectent environ 10% de la population générale et 40% des gens consultant en santé mentale. Au Québec, on note plus de 207 000 cas répertoriés, avec près de 29 000 nouveaux cas par année. En plus des coûts sociétaux associés à la présence de TP (hospitalisations répétées, utilisation massive des services communautaires), on note des coûts individuels importants: conflits et interactions conjugales problématiques, risque accru de violence conjugale et de rupture, comportements problématiques vis-à-vis des enfants (punitions sévères, discipline inconstante, supervision inadéquate, insensibilité). Enfin, la présence d’un TP chez une personne est aussi reconnue comme pouvant générer de fortes réactions affectives chez les intervenants, fragilisant l’alliance thérapeutique et l’efficacité des interventions.
Titre du colloque :