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Daniel Dumouchel : Université de Montréal
Tout le projet des Rêveries est hanté par la question du vieillissement et la perspective de la mort. Le vieillissement du corps entraîne le ralentissement des facultés de connaissance, notamment de l’imagination. Avec la perte de vivacité de l’imagination, c’est l’une des principales sources de bonheur du solitaire, la fuite dans l’imaginaire, qui échappe à Jean-Jacques vieillissant. Le promeneur solitaire devra donc se resserrer autour fragiles bonheurs, dont la rêverie spontanée et sans objet dont il fait l’expérience dans l’île de Saint-Pierre (Cinquième Promenade), la passion d’herboriser (Septième Promenade), ou le plaisir pris au contentement d’autrui (Neuvième Promenade), fournissent les exemples paradigmatiques. En relisant de près la Cinquième Promenade, la présente communication interrogera l’expérience du « sentiment de l’existence » que thématise le récit de la rêverie spontanée au bord du Lac de Bienne.
Ce colloque se propose de revisiter Les rêveries du promeneur solitaire de Jean-Jacques Rousseau, en particulier à partir de la perspective d’une épistémologie et d’une esthétique du sentiment à l’âge moderne.
Ce colloque s’inscrit dans le cadre de la programmation scientifique du CIREM 16-18 (Centre interuniversitaire d’étude sur la première modernité XVIe-XVIIIe siècles), regroupement stratégique en émergence, issu du Fonds de recherche Société et culture Québec (FRSCQ). Plus spécifiquement, il s’inscrit dans l’axe 3 de cette programmation, « Imaginaire des concepts : mutations et déplacements à l’âge moderne ». L’objectif de cet axe est de penser l’archéologie de concepts toujours opératoires aujourd’hui et d’en éclairer ainsi la dynamique contemporaine.