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Andrée Martin : UQAM - Université du Québec à Montréal
« La structure du corps humain dépasse de très loin en artifice toutes celles qu’a fabriqué l’art des hommes » affirme Spinoza. Aussi, pour nous, il s’agit d’aller à la rencontre de ce corps, absolument mystérieux et complexe, à travers l’exploration des paramètres de dialogues, de relations et de croisements entre deux arts que rien ne destine de prime abord à la rencontre : la danse contemporaine et le Dhrupad indien[1]. Pour ce, les corps y seront convoqués comme forces autonomes et dénominateurs communs à ces deux pratiques artistiques. À travers une matière plus ou moins brute de travail, nous nous transporterons simultanément sur trois plans - imaginaire, disciplinaire et géographique - et ce, avec pour points d’ancrage les concepts de poids – dialogue gravitaire si cher à Hubert Godard – de flow et de vitesse. Un récit en cours de création, en quelque sorte, où les corps, les sons et la parole multiple puiseront à même la pensée complexe d’Edgard Morin – dont l’incontournable Unitas multiplex – celle subtile de Didi-Huberman, et les délirantes utopies de Michel Foucault.
[1] Le Dhrupad est considéré comme la plus ancienne forme de musique et de chant en Inde. Ses origines remontraient aux Samaveda, ces textes sacrés chantés.
Paul Ardenne désigne comme « œuvre d’art mobile » une œuvre en rupture avec les territoires traditionnels de l’art (galerie, musée, centre d’exposition, salle de spectacles) qui investit de plus en plus de nouveaux espaces comme la rue et l’espace public, et qui entraîne la création d’« œuvres déplaçables, aptes à aller à la rencontre du public, ou à le transporter » (2002). Le processus ne dépend plus ou ne se mesure plus uniquement par l’espace qu’il habite, mais répond davantage à la spontanéité « du voyage et de la rencontre à travers des réseaux, des souvenirs, entre les gens et les lieux, les performeurs et les auditeurs, dans le temps autant que dans l’espace, en direct et à travers les enregistrements mécaniques et électroniques […] » (Chapman, 2013). Cette évolution exponentielle de la mobilité dans les arts ne se considère pas tant en distance parcourue que par le fait qu’elle touche toujours plus à l’ensemble des étapes de la création. De la fabrication à la diffusion, des collaborations aux technologies, de l’accès à l’archivage, au récit de création, le concept de mobilité se conjugue au pluriel. L’artiste se déplace avec son sujet. Cette approche mobile et phénoménologique du processus artistique appréhenderait-elle moins prioritairement la question de son objet que celle des relations, parfois fortuites? En ce sens, le processus de mobilité ne concernerait pas seulement l’artiste, mais aussi l’engagement du spectateur. De nouvelles formes d’expériences processuelles et de relations signifiantes entre une œuvre et le spectateur peuvent alors jouer un rôle actif dans l’élaboration même de l’œuvre. Par exemple, la mobilité procurée par Internet permet de tisser la toile d’une rencontre avec un public désireux d’entrer dans l’univers de l’artiste autrement qu’au moment de la présentation de l’œuvre.
Pour débattre des mobilités du processus de création, nous aborderons différentes approches artistiques, méthodologiques, théoriques et disciplinaires.
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