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Pour une mobilité des processus de création : la dynamique plurielle des trames évolutives d'écriture scénique.

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Robert Faguy : Université Laval

Résumé de la communication

Dans une perspective disciplinaire, la composition scénique se fait souvent de manière linéaire et hiérarchique où les diverses lignes d'écriture se développent selon un continuum temporel harmonique devant être perçu ainsi par le spectateur. Les nouvelles esthétiques interartistiques présupposent plutôt des formes de composition plurielle agissant selon des modalités d'écriture polyphoniques où chacune des lignes médiatiques est développée de façon autonome tout en tenant compte de points de jonction possibles avec les autres trames. Ces formes d'écriture globale basées sur une dynamique relationnelle en constante mouvance deviennent rapidement complexes et difficiles à conceptualiser. De même, les processus de création scéniques traditionnels (cycles normés de répétition et de représentation, outils d'écriture...) ne parviennent souvent pas à bien profiter de cet écheveau dramaturgique pluriel. Comment créer alors une réelle mobilité des processus de création ! Comment penser l'agencement des différentes trames en mettant en œuvre un canevas de production modulable et évolutif qui opère selon des modalités de superposition continue ! Voilà quelques éléments de réflexion qui seront alimentés par des exemples tirés du projet de recherche-création AREA (Autour du rose enfer des animaux) dont l'objectif était de se confronter aux problématiques d'écriture complexe et plurielle, notamment par la fabrication d'outils dédiés.

Résumé du colloque

Paul Ardenne désigne comme « œuvre d’art mobile » une œuvre en rupture avec les territoires traditionnels de l’art (galerie, musée, centre d’exposition, salle de spectacles) qui investit de plus en plus de nouveaux espaces comme la rue et l’espace public, et qui entraîne la création d’« œuvres déplaçables, aptes à aller à la rencontre du public, ou à le transporter » (2002). Le processus ne dépend plus ou ne se mesure plus uniquement par l’espace qu’il habite, mais répond davantage à la spontanéité « du voyage et de la rencontre à travers des réseaux, des souvenirs, entre les gens et les lieux, les performeurs et les auditeurs, dans le temps autant que dans l’espace, en direct et à travers les enregistrements mécaniques et électroniques […] » (Chapman, 2013). Cette évolution exponentielle de la mobilité dans les arts ne se considère pas tant en distance parcourue que par le fait qu’elle touche toujours plus à l’ensemble des étapes de la création. De la fabrication à la diffusion, des collaborations aux technologies, de l’accès à l’archivage, au récit de création, le concept de mobilité se conjugue au pluriel. L’artiste se déplace avec son sujet. Cette approche mobile et phénoménologique du processus artistique appréhenderait-elle moins prioritairement la question de son objet que celle des relations, parfois fortuites? En ce sens, le processus de mobilité ne concernerait pas seulement l’artiste, mais aussi l’engagement du spectateur. De nouvelles formes d’expériences processuelles et de relations signifiantes entre une œuvre et le spectateur peuvent alors jouer un rôle actif dans l’élaboration même de l’œuvre. Par exemple, la mobilité procurée par Internet permet de tisser la toile d’une rencontre avec un public désireux d’entrer dans l’univers de l’artiste autrement qu’au moment de la présentation de l’œuvre.

Pour débattre des mobilités du processus de création, nous aborderons différentes approches artistiques, méthodologiques, théoriques et disciplinaires.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 11 mai 2018

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