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Recrutement des participants et invitation des spectateurs dans la pratique du théâtre documentaire au Québec

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Hervé Guay : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

L’intégration de participants et de spectateurs dans des œuvres de théâtre documentaire requiert une préparation et une prise en compte de ceux-ci dans le processus de création. De plus, une telle démarche suppose un processus créateur ouvert à l’inconnu, des critères plus ou moins définis, la fixation de règles du jeu avant et pendant la représentation, éventuellement, des directives claires pour le spectateur, que celles-ci soient implicites ou explicites, ainsi qu’un certain sens éthique de la part de ses praticiens. Le rôle dévolu aux participants et aux spectateurs de même que la prise de risque attachés à de tels choix ne manquent pas en effet de changer en fonction de plusieurs paramètres spécifiques à chaque spectacle et des méthodes de travail des créateurs. À l’aide d’entrevues semi-dirigées de quelques tenants du théâtre documentaire au Québec, nous essaierons de cerner certains éléments qui les guident dans le choix des participants et en vue de l’invitation des spectateurs conviés à devenir partie prenante, voire auteurs, de ces « œuvres ouvertes ».

Résumé du colloque

Paul Ardenne désigne comme « œuvre d’art mobile » une œuvre en rupture avec les territoires traditionnels de l’art (galerie, musée, centre d’exposition, salle de spectacles) qui investit de plus en plus de nouveaux espaces comme la rue et l’espace public, et qui entraîne la création d’« œuvres déplaçables, aptes à aller à la rencontre du public, ou à le transporter » (2002). Le processus ne dépend plus ou ne se mesure plus uniquement par l’espace qu’il habite, mais répond davantage à la spontanéité « du voyage et de la rencontre à travers des réseaux, des souvenirs, entre les gens et les lieux, les performeurs et les auditeurs, dans le temps autant que dans l’espace, en direct et à travers les enregistrements mécaniques et électroniques […] » (Chapman, 2013). Cette évolution exponentielle de la mobilité dans les arts ne se considère pas tant en distance parcourue que par le fait qu’elle touche toujours plus à l’ensemble des étapes de la création. De la fabrication à la diffusion, des collaborations aux technologies, de l’accès à l’archivage, au récit de création, le concept de mobilité se conjugue au pluriel. L’artiste se déplace avec son sujet. Cette approche mobile et phénoménologique du processus artistique appréhenderait-elle moins prioritairement la question de son objet que celle des relations, parfois fortuites? En ce sens, le processus de mobilité ne concernerait pas seulement l’artiste, mais aussi l’engagement du spectateur. De nouvelles formes d’expériences processuelles et de relations signifiantes entre une œuvre et le spectateur peuvent alors jouer un rôle actif dans l’élaboration même de l’œuvre. Par exemple, la mobilité procurée par Internet permet de tisser la toile d’une rencontre avec un public désireux d’entrer dans l’univers de l’artiste autrement qu’au moment de la présentation de l’œuvre.

Pour débattre des mobilités du processus de création, nous aborderons différentes approches artistiques, méthodologiques, théoriques et disciplinaires.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 11 mai 2018

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