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Traits de personnalité pathologiques, maltraitance vécue au cours de l’enfance et transition à la parentalité.

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Roxanne Lemieux : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

La maltraitance subie en enfance est associée au développement de troubles de la personnalité à l’âge adulte. Il y a toutefois peu d’études sur les traits de la personnalité pathologiques chez les adultes qui transigent vers la parentalité et qui ont vécu de mauvais traitements au cours de leur enfance. Pourtant, ce type d’événement de vie et les troubles de la personnalité chez les parents sont des facteurs de risque importants en ce qui concerne l’établissement d’une relation parent-enfant sécurisante et le développement de l’enfant. La présentation portera sur des données empiriques recueillies auprès d’adultes en attente d’un enfant. Ces données démontrent que les gens répondant aux critères d’un trouble de la personnalité et ayant vécu des traumas présentent un profil symptomatologique distinct de ceux ayant un trouble de la personnalité et n’ayant pas vécu de trauma. De plus, les personnes avec des traits de personnalité problématiques rapportent moins de confiance dans leurs habiletés parentales et une moins bonne qualité d’attachement au fœtus pendant la grossesse, qu’ils aient vécu ou non des traumas. Enfin, les traumas en enfance sont plus fortement associés aux traits de personnalité pathologiques pendant la grossesse qu’aux symptômes dépressifs, post-traumatiques ou dissociatifs. Les résultats seront discutés sous l’angle du dépistage des futurs parents les plus à risque de montrer des difficultés lors de la transition à la parentalité.

Résumé du colloque

Les troubles de la personnalité (TP) se définissent comme des modalités durables de l’expérience vécue et des conduites qui dévient de la culture d’un individu en ce qui a trait à la cognition, à l’affectivité, au fonctionnement interpersonnel et au contrôle des impulsions. Le modèle catégoriel de classification des TP définit 10 troubles distincts à partir d’une série de critères diagnostiques, les plus connus étant les TP limite (instabilité de l’humeur, des relations et de l’identité, impulsivité), antisociale (mépris et transgression des droits et des normes sociales, impulsivité, absence de remords, tendances à tromper) et narcissique (fantaisies et comportements grandioses, besoin d’être admiré, manque d’empathie). Or l’approche dimensionnelle, voulant que des variations extrêmes ou des configurations particulières de traits de personnalité fondamentaux et universels (tels que le névrosisme et l’antagonisme) puissent donner lieu à des manifestations infracliniques, mais non moins problématiques, représente maintenant le nouveau paradigme en ce qui a trait à l’évaluation de la personnalité, tant dans la population générale qu’auprès de groupes cliniques. Les TP affectent environ 10% de la population générale et 40% des gens consultant en santé mentale. Au Québec, on note plus de 207 000 cas répertoriés, avec près de 29 000 nouveaux cas par année. En plus des coûts sociétaux associés à la présence de TP (hospitalisations répétées, utilisation massive des services communautaires), on note des coûts individuels importants: conflits et interactions conjugales problématiques, risque accru de violence conjugale et de rupture, comportements problématiques vis-à-vis des enfants (punitions sévères, discipline inconstante, supervision inadéquate, insensibilité). Enfin, la présence d’un TP chez une personne est aussi reconnue comme pouvant générer de fortes réactions affectives chez les intervenants, fragilisant l’alliance thérapeutique et l’efficacité des interventions.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
manager icon Responsables :
Johanne Dubreuil
section icon Date : 11 mai 2018

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