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Traumas interpersonnels à l’enfance et la triade noire de la personnalité : liens spécifiques et effets modérateurs de la détresse psychologique et des habiletés relationnelles.

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Caroline DUGAL : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La triade noire de la personnalité, composée du machiavélisme, de la psychopathie et du narcissisme, réfère à un ensemble de traits de personnalité socialement aversifs et pouvant être rencontrés à des niveaux infracliniques. Selon quelques études, ces traits de personnalité seraient aussi associés au vécu de traumas interpersonnels à l’enfance (TIE; abus physique, sexuel, etc.). Or, les liens spécifiques entre ces variables demeurent méconnus, surtout dans la population générale. La présente étude vise à examiner les liens entre les TIE et la triade noire en tenant compte de l’influence potentielle de la détresse psychologique et des habiletés relationnelles. Un total de 463 adultes issus de la population générale a complété des questionnaires auto-administrés. Des analyses de régression hiérarchique illustrent la présence d’associations spécifiques entre différents TIE et la triade noire. Notamment, la négligence psychologique précoce est positivement liée au machiavélisme et au narcissisme, alors que la violence physique et l’intimidation sont positivement associées à la psychopathie. Les résultats confirment également la présence d’effets modérateurs puisque la détresse psychologique et les altérations dans les habiletés relationnelles augmentent la force de ces liens. Ces observations témoignent de l’importance de considérer l’impact des TIE, ainsi que le fonctionnement psychologique et relationnel dans la compréhension des traits de personnalité socialement aversifs.

Résumé du colloque

Les troubles de la personnalité (TP) se définissent comme des modalités durables de l’expérience vécue et des conduites qui dévient de la culture d’un individu en ce qui a trait à la cognition, à l’affectivité, au fonctionnement interpersonnel et au contrôle des impulsions. Le modèle catégoriel de classification des TP définit 10 troubles distincts à partir d’une série de critères diagnostiques, les plus connus étant les TP limite (instabilité de l’humeur, des relations et de l’identité, impulsivité), antisociale (mépris et transgression des droits et des normes sociales, impulsivité, absence de remords, tendances à tromper) et narcissique (fantaisies et comportements grandioses, besoin d’être admiré, manque d’empathie). Or l’approche dimensionnelle, voulant que des variations extrêmes ou des configurations particulières de traits de personnalité fondamentaux et universels (tels que le névrosisme et l’antagonisme) puissent donner lieu à des manifestations infracliniques, mais non moins problématiques, représente maintenant le nouveau paradigme en ce qui a trait à l’évaluation de la personnalité, tant dans la population générale qu’auprès de groupes cliniques. Les TP affectent environ 10% de la population générale et 40% des gens consultant en santé mentale. Au Québec, on note plus de 207 000 cas répertoriés, avec près de 29 000 nouveaux cas par année. En plus des coûts sociétaux associés à la présence de TP (hospitalisations répétées, utilisation massive des services communautaires), on note des coûts individuels importants: conflits et interactions conjugales problématiques, risque accru de violence conjugale et de rupture, comportements problématiques vis-à-vis des enfants (punitions sévères, discipline inconstante, supervision inadéquate, insensibilité). Enfin, la présence d’un TP chez une personne est aussi reconnue comme pouvant générer de fortes réactions affectives chez les intervenants, fragilisant l’alliance thérapeutique et l’efficacité des interventions.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
manager icon Responsables :
Johanne Dubreuil
section icon Date : 11 mai 2018

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