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Delphine Collin : CHU de Toulouse
Cette recherche clinique s’inscrit dans une pratique auprès de couples infertiles. Les difficultés rapportées par les couples en consultation psychologique justifient l’intérêt d’une recherche visant à mieux comprendre le passage du conjugal au parental. Nous avons interrogé le devenir de la sexualité, pierre angulaire de la conjugalité, et notamment la spécificité de ses modalités d’inscription dans la parentalité. En effet, le sexuel conjugal agit comme opérateur de symbolisation chez l’enfant par la triangulation qu’il instaure. L’intervention du tiers médical via une sexualité prescrite ou une conception désexualisée, peut perturber l’équilibre des patients sur le plan narcissique, identitaire et objectal, avant même la survenue de l’enfant. Notre démarche qualitative se base sur des entretiens individuels, conjugaux, des génogrammes et l’observation de la dynamique familiale. Les résultats mettent en évidence un lien entre blessure narcissique liée à l’infertilité et surinvestissement de l’enfant né, idéalisation de la relation parent/enfant au détriment d’une conjugalité investie psychiquement, et absence de triangulation. Les relations parentales délibidinalisées devenant opératoires ne laissent plus apparaitre de dynamique conjugale symbolisante. Ces résultats soulignent l’intérêt du suivi du couple en médecine procréative, car l’accès à l’enfantement ne saurait suffire au maintien d’une conjugalité blessée par le traumatisme de l’incapacité à concevoir
Pour ce colloque proposé par Équipe Paternité, famille et société (FQRSC), nous avons choisi de porter notre regard aux « Familles d’ici et d’ailleurs ». Ce thème reconnaît la diversité et le multiculturalisme des sociétés québécoise et canadienne, tissées sur plusieurs générations du fil de l’apport culturel des familles d’ici, souvent venues d’ailleurs. Il crée ainsi un espace d’échanges autour du vécu des familles d’ici et d’ailleurs. En ce sens, nous reconnaissons que la famille est, mondialement, au cœur du développement des sociétés modernes.
Bien qu’à première vue il puisse exister des multitudes de différences entre les familles d’ici et d’ailleurs, les travaux des 30 dernières années ont contribué à des avancées importantes sur le plan des connaissances et des pratiques visant à soutenir les trajectoires de vie de ces familles. On reconnaît que les trajectoires de vie familiale ne se déploient pas en vase clos, l’expérience de chacun-e étant profondément ancrée dans un contexte personnel, conjugal, familial, social, culturel ou économique. Ces trajectoires peuvent être fragilisées lorsque ses membres composent avec des caractéristiques personnelles (p. ex., des troubles de santé mentale ou une séparation conjugale) ou contextuelles (p. ex., être immigrant, vivre un deuil), qui contribuent alors à des trajectoires de développement plus complexes, et encore méconnues. L’originalité de ce colloque sera de créer des occasions de partages entre chercheurs, cliniciens, familles et étudiants issus de disciplines diverses à propos des réalités familiales des familles d’ici et d’ailleurs en donnant la parole aux acteurs concernés. Il s’agit de dégager à la fois ce qui distingue chaque famille, dans un contexte de vie qui lui est propre, et de dessiner un tronc commun d’expériences afin de guider des interventions qui sauront répondre aux spécificités des familles à des moments critiques de leur vie.
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