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Ronald Guilloux : Université Lyon1
La communication présentera une enquête sociologique longitudinale sur des projets d’accouchement sans péridurale pour comprendre les motivations des femmes, leurs gestions des douleurs et leurs vécus d’accompagnement par les sages-femmes. Nous présenterons d’abord le terrain (cabinets, maternité) et la méthodologie : observation des préparations à la naissance et récits de vie auprès de 22 femmes. Nous exposerons ensuite les résultats. Les femmes étaient motivées par leurs expériences familiales et personnelles des accouchements et de la douleur, s’appuyant sur des discours naturaliste (la douleur fait partie de la vie, la péridurale est un médicament) et individualiste (accoucher librement et pour soi). La gestion des douleurs articulait des aspects techniques, relationnels et institutionnels (Akrich 1999). Le vécu de la relation de soin montrait l’importance de la confiance. Enfin, nous discuterons plusieurs points méthodologiques. 1) Les liens entre discours et expériences (Bertaux 2010) dans le rapport paradoxal à la douleur : aucune femme ne veut souffrir pour accoucher, mais sans les douleurs, ces accouchements seraient perçus différemment. 2) Notre présence pendant un cycle de préparation à la naissance qui a pu favoriser un défi collectif. 3) L’instrumentalisation du récit dans une logique militante par quelques femmes (Quagliariello 2017). 4) Notre effort d’autoanalyse (Arborio et Fournier 2012) dans la réalisation de l’enquête.
Ce colloque pluridisciplinaire sur le récit est organisé dans le cadre de la collaboration entre des chercheurs de l’Université Lyon 1 et de l’Université du Québec en Outaouais. S’inscrivant dans les travaux de didactique de sciences et de gestion de la classe menés par ces partenaires depuis quelques années, le récit émerge comme une thématique fédératrice méritant réflexion. Ainsi, les coresponsables proposent de développer des échanges scientifiques autour du récit et ses usages, en invitant chercheurs et praticiens de disciplines et de champs de pratique variés à établir un dialogue sur leurs avancées théoriques et méthodologiques sur le récit. Il s’agit alors de questionner les fondements épistémologiques du récit, ses diverses utilités et les fonctions de la dimension narrative. Dès lors se pose la question des formes possibles de cette dimension, comme représentation multimodale construite ou reconstruite sur la base de systèmes sémiotiques plus ou moins normés et liés aux dimensions de syntaxe, de sémantique et de pragmatique. Ces récits, articulés autour de l’acheminement d’une information à un destinataire plus ou moins identifié, constituent une forme de communication spontanée ou structurée. Le récit entretient donc des rapports pluriels à la réalité et à l’imaginaire, développe la capacité inventive et interprétative de l’auteur et du récepteur, et contribue au déploiement de nouvelles compétences. Le récit fait l’objet de nombreux usages, dans pratiquement tous les domaines et contextes de la vie socioéconomique, politique et scientifique. Plusieurs études s’en emparent, soit en tant qu’objet d’étude, soit en tant qu’instrument méthodologique. Ce colloque vise à questionner les enjeux, fonctions et usages du récit, les contraintes auxquelles il doit se soumettre, ou dont il est objet de critique, l’intention et l’objectivité des usagers : qu’est-ce qui est raconté, qui le raconte? Qui a commandité ce récit, pour quelle visée et pour quels usages?
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