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Analyse d’une pratique de coenseignement développée dans le cadre d’un partenariat Ivujivik-Puvirnituq-UQAT au service de la formation des enseignants inuit

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Véronique PAUL : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les Inuit des communautés d’Ivujivik et de Puvirnituq au Nunavik, unies par leur volonté de prendre en charge l’éducation de leurs jeunes ont entrepris de mettre en œuvre un projet d’école communautaires. Visant le développement d’un citoyen fier héritier de sa culture et de sa langue, et bien ancré dans le monde contemporain, les deux communautés ont centré leur projet sur la formation des enseignants inuit et des autres ressources éducatives. En 1984, les comités d’écoles ont sollicité le soutien de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) pour les accompagner dans leur démarche. En réponse à la demande des comités d’école d’être partie prenante du processus décisionnel, des pratiques de cogestion des activités de formation ainsi que de coenseignement se sont graduellement définies en interaction avec les communautés. La formule de coenseignement qui met à contribution les ressources universitaires et du milieu éducatif inuit permet la prise en compte de représentations et de particularités du contexte nordique dans la dispensation des activités de formation ainsi que l’appropriation et la signifiance des contenus par les enseignants inuit en formation. Cette communication vise à présenter cette pratique de coenseignement qui rend possible une offre de formation axée sur les besoins des élèves et des enseignants et qui prend en compte les particularités linguistiques, culturelles et géographiques inhérentes aux territoires et aux milieux de vie des populations.

Résumé du colloque

À la lumière des appels à l’action de la Commission de vérité et de réconciliation (CVR, 2015, notamment les appels 10 et 12), ce colloque se veut un pas de plus sur le chemin du nécessaire dialogue dans le domaine de l’éducation. Depuis le début des années 1970, parallèlement à des mouvements d’émancipation politiques autochtones, les Premières Nations du Canada revendiquent la prise en charge de l’éducation des enfants autochtones, notamment par la publication de la Maîtrise indienne de l’éducation en 1972 (Fraternité des Indiens du Canada) et par la création au Québec, l’année suivante, d’un des premiers établissements postsecondaires destinés aux étudiants autochtones du Canada, le collège Manitou à La Macaza. Comme en témoigne la publication de lignes directrices et l’élaboration de protocoles en matière d’éducation des Autochtones (Universités Canada, Collèges et institutions Canada), les défis sont encore nombreux pour que les milieux d’enseignement postsecondaire, les familles et les étudiants autochtones puissent collaborer à transformer la culture institutionnelle dominante en éducation et soutenir le développement de programmes et de milieux de vie qui répondent à leurs besoins et leurs aspirations respectifs.

Tel que l’affirme Mark Solomon, directeur de la vie étudiante au Seneca College (2018), « le processus de décolonisation […] bouscule [... et] suscite inévitablement des réactions ». Ainsi, les défis de l’inclusion des étudiants autochtones dans nos institutions passe bien entendu par la facilitation de l’accès, comme en témoigne la sous-représentation des étudiants autochtones inscrits dans des programmes de formation collégiale et universitaire, mais cette reconnaissance passe également par des exercices concrets de sensibilisation, de décentrement, de dialogue continu afin de questionner le pouvoir des connaissances et des structures eurocentrées de nos programmes d’études et de nos manières d’enseigner. À cet égard, les institutions postsecondaires francophones du Québec ne font pas exception à ce mouvement pancanadien visant l’autochtonisation et la décolonisation des programmes d’études (Battiste, 2002; 2013; Cote-Meek, 2014), par exemple en favorisant l’accès des étudiants autochtones aux études, l’embauche de personnel autochtone au sein des établissements d’éducation, la valorisation des langues et des territoires autochtones, etc. Qu’en est-il, donc, du mouvement d’autochtonisation et de décolonisation de l’enseignement postsecondaire en langue française au Québec?

Dans le but de resserrer ce large et important questionnement, nous proposons d’ouvrir un espace de partage expérientiel et de réflexion interdisciplinaires sur ces enjeux et ces défis en explorant des stratégies pédagogiques et institutionnelles employées par des projets collaboratifs et partenariaux entre les milieux autochtone et allochtone.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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