pen icon Colloque
quote

Cartographie de la littérature mondiale au féminin

CF

Membre a labase

Carolina Ferrer : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

En nous basant sur le croisement des concepts de champ (Bourdieu 1992), de scientométrie (Price 1963) et des théories des citations (Leydesdorff 1998), nous avons défini la criticométrie comme la mesure de l’activité critique dans le domaine des arts (Ferrer 2011). Ainsi, à partir de l’analyse de plus de 1,6 million de données en provenance des bases bibliographiques, nous avons élaboré des cartographies et des chronologies afin d’étudier la littérature mondiale (Ferrer 2018). Aussi, nous avons obtenu des indicateurs pour les 212 littératures nationales et nous avons développé une méthode alternative à la constitution du canon littéraire (Ferrer 2014).

Dans cette recherche, nous nous attarderons sur la réception des écrivaines et de leurs œuvres à partir de l’exploitation des références de la Modern Language Association International Bibliography, pour la période 1850-2016. Notre but est d’analyser comparativement la réception critique de l’œuvre d’approximativement 60 écrivaines, qui ont été l’objet d’un minimum de 100 publications et ont cumulé au moins 1 % des études sur la littérature nationale de leur pays d’origine. Ainsi, à travers l’analyse des métadonnées, nous élaborerons plusieurs indicateurs afin de comprendre la situation des lettres au féminin dans une perspective mondiale.

Résumé du colloque

Dès la fin de la guerre froide, nous observons le surgissement d’un nouvel ordre géopolitique : la mondialisation (Dirlik, 2007; Freitag, 2008; Gélinas, 2000; Lewellen, 2002; Sassen, 2009). Ce changement entraîne aussi des métamorphoses culturelles, telles que la fin du postmodernisme, événement confirmé au début du 21e siècle (Hutcheon, 2002; Hassan, 2003; Ferrer, 2010). Pendant la même période, nous constatons que, du point de vue des études littéraires, de nombreux théoriciens se penchent de nouveau sur le concept de littérature mondiale (Casanova, 1999; Prendergast, 2004; Damrosch, 2003, 2011, 2014; Miller, 2011) et ouvrent les frontières afin de dépasser le point de vue occidental en intégrant la notion de mondialisation aux études littéraires (Patil, 2006; Saussy, 2006; Pizer, 2006; Gupta, 2009). Plusieurs chercheurs approfondissent aussi les relations entre littérature et traduction (Apter, 2013; Dyre, 2009; Xie et Shi, 2011; Chaudhuri, 2012; Morgan, 2013; Casanova, 2015), contestent le concept de canon littéraire (Insko, 2003; Kermode, 2004; Fishelov, 2010) et déclarent la naissance de l’âge hypercanonique (Damrosch, 2006). Cependant, à la même époque, nous constatons une tendance contraire par rapport aux écrivaines (Planté, 2003; Underwood et Bamman, 2016; Glorieux, 2017; Langlais, 2017). En effet, des publications récentes soulignent un phénomène de « déféminisation » (Langlais, 2017) de la littérature, soulignant même « un écart entre la présence de femmes écrivains dans la culture vécue et leur faible visibilité dans l’histoire littéraire » (Planté, 2003, p. 655). Ainsi, malgré les mouvements féministes observés depuis l’après-guerre et la récente redéfinition du canon littéraire, les écrivaines continueraient de devoir surmonter de nombreux obstacles afin de faire rayonner leurs œuvres. En faisant suite à ces constats, ce colloque se propose de susciter un regard critique sur les enjeux qui caractérisent la place des écrivaines dans la littérature mondiale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
news icon Thème du colloque :
Écrivaines et mondialisation
section icon Date : 27 mai 2019

Découvrez d'autres communications scientifiques

news icon

Titre du colloque :

Écrivaines et mondialisation

Autres communications du même congressiste :

news icon

Thème du colloque :

Écrivaines et mondialisation