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Isabelle Skakni : Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO)
Les carrières scientifiques s’étant diversifiées et précarisées au cours de la dernière décennie, il est de plus en plus difficile pour les chercheur-e-s juniors d’anticiper leur avenir professionnel et de s’y préparer. Alors qu’une majorité de titulaires de doctorat se retrouvent aujourd’hui dans des secteurs d’emploi non académiques, la plupart des programmes doctoraux ont encore pour finalité de former des chercheur-e-s universitaires. Dans un tel contexte, la question de la préparation et de l’insertion professionnelle des titulaires de doctorat est devenue saillante. Nous examinons cet enjeu à partir des données issues de trois recherches menées auprès de doctorant-e-s et de titulaires de doctorat européen-ne-s. Celles-ci mettent en lumière qu’au-delà des compétences scientifiques et génériques acquises dans le cadre de leur parcours académique, plusieurs chercheur-e-s juniors développent une forme « inédite » de compétences pouvant être définies comme des compétences de carrière. Ces dernières renvoient à une capacité réflexive, communicative et comportementale permettant aux chercheur-e-s juniors d’anticiper et d’orienter leur parcours, en réponse à des contextes professionnels marqués par l’incertitude. La première partie de cette présentation s’attachera à définir les fondements théoriques de la notion de compétence de carrière. Il s’agira ensuite d’illustrer comment ce type de compétence se manifeste chez leschercheur-e-s juniors, à partir d’exemples empiriques.
Problématique
L’usage qu’on peut faire de l’approche par compétences n’est pas indépendant du contexte ni de la notion de compétence elle-même. En effet, ce concept est adopté dans de nombreux domaines : linguistique, technologie éducative, psychologie cognitive, entreprise, sociologie, sociologie du travail, didactique professionnelle et formation des adultes, ergonomie, éducation de base, contexte scolaire, etc. Les vocables qu’elle mobilise sont foisonnants : compétences professionnelles, sociales, transversales, de base, académiques, disciplinaires, scolaires, cognitives, affectives, etc. Ce foisonnement n’est pas neutre. Il témoigne d’enjeux forts dans les rapports sociaux, entre employeurs et employés, entre gestionnaires des ressources humaines et les organismes syndicaux et professionnels, entre formateurs et stagiaires, enseignants et élèves.
Le colloque vise à réunir des communications sur la base de résultats empiriques, de réflexions théoriques ou d’expériences professionnelles. Trois axes seront privilégiés :
– Un axe sémantique visant à interroger le sens et la signification du terme de compétence au regard d’autres termes auxquels il peut être associé ou opposé. Il s’agit notamment de s’interroger sur les glissements sémantiques constatés entre qualification, capacité, compétence, employabilité.
– Un axe relatif aux processus d’acquisition des compétences dans leur pluralité : situation de travail, formation professionnelle, apprentissage informel. Seront également discutés les processus d’évaluation et de transfert des compétences, les démarches de reconnaissance et de validation des acquis de l’expérience.
– Un axe sociopolitique interrogeant les contextes d’émergences de l’approche par les compétences ainsi que les usages sociaux qui en sont faits. Il s’agit notamment d’interroger les enjeux et la portée qui sous-tendent le foisonnement de l’approche par les compétences ainsi que les limites pour ne pas dire les perversions qu’elle peut engendrer.
Pertinence
Le débat sur la notion de compétence montre qu’il n’existe pas une, mais plusieurs façons d’opérationnaliser ce concept. Deux enjeux principaux sous-tendent le colloque. Il s’agit tout d’abord de réunir des chercheurs et des praticiens de différents pays pour partager les résultats de leurs recherches et de leur pratique professionnelle d’accompagnement en la matière. Il s’agit ensuite d’interroger la pertinence de l’approche par les compétences au regard des enjeux sociaux, professionnels et personnels des différents acteurs que cette approche mobilise.
L’organisation du colloque est envisagée sur une durée de deux journées structurées en quatre séances d’une demi-journée chacune. Chaque séance contiendra trois communications d’une heure avec 40 minutes d’exposé et 20 minutes de débats.
Une conférence introductive sera donnée par le professeur Maurice Tardif (Université de Montréal) et sera ouverte au-delà des participants au colloque.
Titre du colloque :
Thème du colloque :