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COMMENT LA PÉDIATRIE SOCIALE EN COMMUNAUTÉ CONTRIBUE À DONNER UNE VOIX AUX ENFANTS

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Anne-Marie Bureau : Centre de pédiatrie sociale de Gatineau (Vieux Hull)

Résumé de la communication

Diplômée de l’Université de Montréal en 1986, Dre Anne Marie Bureau découvre très tôt une passion pour le développement de l’enfant et la médecine communautaire. Motivée par son amour du travail en équipe, elle rejoint l’équipe famille, enfance, jeunesse du CLSC de Hull, où elle rencontre le Dr Gilles Julien, pédiatre social. Cette rencontre aura une influence déterminante sur sa façon de travailler en milieu de grande pauvreté et de concevoir la prévention des placements en contexte de négligence. L’idée d’implanter un centre de pédiatrie sociale en Outaouais surgit et le Centre de pédiatrie sociale de Gatineau ouvre ses portes. Dre Bureau ouvre un deuxième Centre de pédiatrie sociale à Gatineau. En 2018, Dre Bureau et son équipe du Centre de pédiatrie sociale de Gatineau reçoivent l’École d’été de la Fondation du Dr Julien, un colloque sur la pédiatrie sociale en communauté. Dre Bureau est également fière des partenariats développés avec l’UQO, l’Université d’Ottawa et l’UQTR. Les projets de recherche auxquels ils collaborent pourront apporter des données riches quant aux manières de répondre à certaines problématiques que vivent les enfants vulnérables de notre communauté. Si elle poursuit sa pratique au CLSC de Hull, son implication en pédiatrie sociale devient de plus en plus importante et elle devient la porteuse de la mission du CPSG qui est de permettre à chaque enfant de développer son plein potentiel, dans le respect de la convention relative aux droits des enfants.

Résumé du colloque

Provenant du latin infans et signifiant celui qui ne parle pas, le terme enfant porte le poids historique d’une population dont la voix est trop souvent réduite au silence. Avoir recours comme principales sources de données à l’expression des voix singulières de ce groupe minorisé attire divers chercheurs qui considèrent les enfants comme des acteurs sociaux dignes d’écoute (Honneth, 2000). La reconnaissance et la valorisation de ces jeunes comme agents épistémiques crédibles et signifiants (Farmer et Prasad, 2014) s’opposent aux conceptions de l’enfance comme état de manque, lesquelles octroieraient davantage de validité à la parole d’adultes. De ce fait, en nommant à partir de leurs schèmes d’adulte ce qu’ils observent de l’extérieur, ces adultes transformeraient la réalité subjective de l’enfant en récit de « dires » qui répondent à des normes et à des repères symboliques coupés de ce que vit réellement l’enfant (Bourdieu, 1993).

Bien que les acquis issus de la recherche qualitative et préoccupée par la prise en compte de la voix des enfants manifestent leur justesse éthique et méthodologique (Spyrou, 2011), les approches qui y sont associées soulèvent malgré tout de nombreux questionnements. En effet, comme pratiques de recherche relativement récentes, elles ont dans l’ensemble esquivé l’autoexamen critique, qui porterait notamment à réfléchir aux enjeux de représentation. Cela n’est pas sans faire référence à « la question du contrôle exercé par le chercheur, dans sa posture d’expert, sur les acteurs et la prise en compte de diverses voix » (Gohier, 2004, p. 12). Cette posture interpelle différentes disciplines invitées à réfléchir aux statuts et à la posture occupés par la chercheuse ou le chercheur quant à la particularité des repères éthiques, épistémologiques, méthodologiques que donner voix implique lorsque cette dernière est celle de l’enfant, et quant à la façon dont les résultats de recherche sont diffusés.

Divers cadres exposent le droit des enfants d’exprimer leur point de vue, d’être écoutés et entendus. Au-delà de ces obligations, il semble tout naturel et nécessaire pour quelques chercheuses et chercheurs (Côté et Trottier-Cyr, 2017; Lapierre et al., 2016; Prasad, 2013) de donner voix aux enfants, particulièrement lorsque l’objet de recherche les concerne directement, qu’ils en soient les acteurs ou sujets principaux, afin qu’ils expriment le sens de leur propre expérience. Selon James (2007), les chercheuses et les chercheurs seraient peu nombreux à interroger le rôle qu’ils jouent dans la représentation de la voix des enfants, dont ils se font les porte-parole par l’entremise de la recherche (Mazzei et Jackson, 2009), sans compter que les enjeux éthiques et méthodologiques anticipés — à tort et à raison — relativement à l’accès à la voix des enfants porteraient plusieurs chercheuses et chercheurs à éviter des approches qui incluent cette voix.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
manager icon Responsables :
Stéphanie Demers
section icon Date : 27 mai 2019

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