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Coopération inconsciente au travail: formes sous-jacentes d'action collective, possibilités de démocratisation au niveau institutionnel

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Marcelo Balboa : Université Laval

Résumé de la communication

Nous examinons la question de savoir comment les espaces de collaboration prescrits peuvent être des lieux de démocratisation dans les domaines de l’éducation, de la santé et des services sociaux. La psychodynamique du travail nous aide à comprendre les processus de subjectivation dans le travail et les stratégies de défense collective face aux contraintes du travail, certaines conscientes et d'autres inconscientes. Cela nous a conduit à la question de savoir si les stratégies de défense au travail peuvent être considérées comme des formes de coopération inconsciente au travail (Balboa, 2017). En sciences sociales, l’idée de "coopération" est associée à des formes d’interaction conscientes et stratégiques dans les équipes du travail, constituant un épiphénomène du comportement socioinstitutionnel. Cette manière de comprendre la coopération semble insuffisante pour rendre compte de sa complexité. Dans un premier axe d'analyse, la sociodynamique, nous offre une série de références pour problématiser la notion de travail coopératif inconscient, au niveau inter et transubjectif. Un deuxième axe d’analyse - les instruments théoriques d'analyse institutionnelle - permet d’identifier les modes d’action contre-institutionnelle pour comprendre la manière dont les groupes de travail font face aux restrictions, parfois paradoxales, des institutions. De cette manière, nous entendons contribuer à la problématisation des processus de démocratisation au travail.

Résumé du colloque

Plusieurs recherches, sondages et lettres ouvertes tendent à montrer que la dimension humaine des services offerts dans les réseaux scolaires et sociosanitaires est en péril (Le Devoir, 2018; Lévesque, 2018; Rousseau, 2018). La « déshumanisation » des pratiques et l’« autoritarisme » de l’organisation des réseaux devenus « trop centralisée » sous l’effet de réformes souvent associées aux préceptes de la nouvelle gestion publique et aux approches de type Lean est particulièrement pointée du doigt (Grenier et Bourque, 2016; Maranda et al., 2014; Parazelli et Ruelland, 2017). Paradoxalement, les politiques en matière d’organisation de l’action publique en éducation et en santé et services sociaux reconnaissent l’importance de l’autonomie professionnelle, de la collaboration et de la participation des usagers, notamment lorsqu’il s’agit d’intervenir dans des situations complexes (Couturier et Belzile, 2018). Vue comme une possibilité de mieux coordonner l’action publique et de mettre à profit la complémentarité des expertises, la collaboration devient un impératif organisationnel, professionnel et juridique pour les professionnels, les gestionnaires de même que les usagers et leurs proches. Les espaces de collaboration prescrite peuvent-ils être des lieux de démocratisation, c’est-à-dire des lieux de dialogue où chacun exprime librement son point de vue; de coconstruction des pratiques menant à des prises de décision collective; d’interreconnaissance des savoirs et des activités de chacun; agissant sur les inégalités sociales de pouvoir de manière à les réduire durant l’élaboration de problèmes et de solutions; consolidant le pouvoir d’agir collectif sur l’organisation de l’action publique? Comment les différents acteurs concernés peuvent-ils se saisir des occasions de collaboration pour démocratiser l’organisation de l’action publique; c’est-à-dire pour agir sur les mécanismes de reproduction d’inégalités sociales de pouvoir induite par un contexte organisationnel déterminé?

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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