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De l’économie sociale sectorielle à l’économie solidaire comme alternative globale : le partenariat public-commun comme stratégie de ré-institutionnalisation du modèle québécois

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Jonathan Durand Folco : Université Saint-Paul

Résumé de la communication

L’économie sociale québécoise fut institutionnalisée il y a une vingtaine d’années par un État partenaire visant à reconnaître un troisième pilier complémentaire aux secteurs public et privé. Or, l’économie sociale est confrontée à une conjoncture fort différente : démantèlement du modèle québécois par l’État néolibéral, montée des droites populistes, quatrième révolution industrielle, crise climatique, etc. Dans ce contexte de « crise globale » (Fraser, 2017), la définition actuelle de l’économie sociale teintée par la social-démocratie du siècle passé semble confiner son potentiel transformateur. En interrogeant certains points aveugles de l’économie sociale instituée (conception sectorielle de l’économie, stratégie de concertation mal adaptée aux offensives populistes et néolibérales, division problématique entre production marchande et reproduction sociale), nous proposons de revoir certains de ses présupposés en vue de la redéfinir comme alternative globale au système capitaliste. Nous proposons de réintroduire la notion d’économie solidaire pour mettre en relief la centralité des mouvements sociaux et l’objectif de transformation sociale (Vaillancourt et Favreau, 2004), tout en l’articulant à la perspective du commun (Dardot et Laval, 2014). Enfin, le partenariat public-commun sera présenté comme une stratégie clé pour faciliter la mise en échelle de l’économie solidaire à l’échelle municipale et nationale, et une éventuelle ré-institutionnalisation du modèle québécois.

Résumé du colloque

Les changements politiques contemporains se manifestent par la promotion de modes d’action publique qui mettent au second plan le rôle régulateur de l’État et le dialogue avec la société civile organisée, tout en mettant à l’épreuve la solidarité et la cohésion sociales. Si les innovations sociales sont souvent nées dans de telles configurations, ces contraintes représentent néanmoins des défis de taille tant pour les praticien-ne-s que pour les chercheur-se-s. La capacité des innovations sociales à conduire à des transformations sociales et à de l’action publique, ou à constituer une forme de résistance à l’effritement du lien social, est ainsi de nouveau remise en question. Le but de ce colloque est de comprendre comment l’arrimage recherche-terrain permet aux acteurs de se repositionner dans un environnement en mutation et de produire des connaissances et des pratiques transformatrices. Ces défis se déclinent sur plusieurs plans :

- L’économie sociale et les autres organisations collectives sont interrogées sur leur capacité de développer une action autonome et sur leur rapport à un État qui semble moins porté vers les modèles à but non lucratif qu’il l’a déjà été.

- Les territoires, dont les instances de concertation et de développement, souvent mises à mal par les nouvelles orientations politiques, doivent trouver de nouvelles avenues pour préserver les solidarités, assurer une transition écologique et penser leur développement social.

- Le travail et ses acteurs subissent ces changements à travers la déstabilisation tant du statut salarial que des institutions syndicales.

Ces questions conduisent à s’interroger sur les pratiques et sur le rôle des établissements d’enseignement supérieur comme miroir critique et comme incubateur d’innovations sociales. Ce colloque invite également à analyser l’action spécifique de ces « passeurs » et « opérateurs » du dialogue savoirs-société, qu’ils soient assimilés au domaine universitaire ou à la pratique sociale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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