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Julianne Pidduck : Université de Montréal
Comment interroger et changer les sujets des féminismes québécois et canadien (Hemmings 2011) ? Quelles approches et stratégies méthodologiques faciliteraient l’étude de la complexité des expériences genrées contemporaines et historiques, tout en tenant compte de leurs intersections avec des différences sociales de race, de classes sociales, et de sexualité ? Cette communication explorera trois enjeux épistémologiques et méthodologiques qui me paraissent cruciaux pour les études médiatiques féministes. Pour commencer, j’aborderai des enjeux de connaissances situées (Haraway 1988) pour les études féministes en territoires colonisés au Canada et au Québec. Par la suite, je discuterai de certaines des implications méthodologiques associées au développement des études médiatiques intersectionnelles, en faisant appel au concept d’articulation (Bilge 2014). Finalement, je me pencherai sur des défis soulevés par la documentation de l’histoire du militantisme féministe et queer dans le cadre des théories et pratiques d’archives (Eichhorn 2014). Alimentées par des dilemmes et défis auxquels je fais face dans mes propres recherches, ces trois réflexions interreliées feront référence à une étude de la visibilité sociale et médiatique lesbienne des années 1970 à Montréal, et à une analyse généalogique des discours publics médiatiques sur la violence genrée (de la tuerie de l’École Polytechnique aux témoignages des femmes autochtones de Val-d’Or sur la violence sexuelle policière).
Ce colloque s’intéresse aux enjeux méthodologiques entourant les études sur le genre, les médias et la communication publique. Les recherches sur les rapports de pouvoir sexués, qui font référence à la bicatégorisation hiérarchisée des sexes et aux connotations qui leur sont associées, soulèvent de nombreuses questions ontologiques, épistémologiques et éthiques qui sont rarement abordées dans les études plus classiques en études des médias et en communication publique, notamment sur la nature même de la science et de la connaissance, sur la cohérence des points de repère théoriques et méthodologiques mobilisés, sur les rapports de pouvoir entre les chercheurs et chercheuses et leurs répondant.e.s. De même, les approches méthodologiques inductives, les outils de collecte de données et les méthodes d’analyse qui sont privilégiées en études féministes des médias et de la communication publique diffèrent souvent des approches dominantes dans ce champ d’étude, ce qui pose des défis particuliers aux étudiant.e.s des cycles supérieurs qui travaillent dans ces perspectives. Enfin, les rares recherches historiques sur le genre et les médias, ou les actuelles perspectives queer sur l’espace public, amènent les jeunes chercheurs ou chercheuses à poser des questions rarement abordées dans les recherches en communication, ce qui leur lance des défis méthodologiques costauds pour lesquels il existe encore peu de points de repère scientifiques, même en études féministes. Le colloque a comme objectif de créer un lieu de discussion entre candidat.e.s au doctorat et chercheuses débutantes et chevronnées qui permettra de nommer ces difficultés et enjeux, et de délier certains noeuds.
Thème du colloque :