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Des équipes-cycle au Québec réussissent à s’affranchir de la prescription paradoxale de la collaboration entre enseignant.e.s du primaire

CG

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Céline Gravel : Université Laval

Résumé de la communication

Trois équipes-école de trois commissions scolaires différentes de la région de la Capitale et de la Chaudière-Appalaches ont été impliquées dans un projet de recherche sur la collaboration institutionnelle, professionnelle et pédagogique dans leur milieu de travail. La recension des écrits a montré clairement d’une part que les enseignant.e.s du primaire reconnaissent la valeur de la collaboration pour favoriser la réussite des élèves; d’autre part, plusieurs obstacles apparaissent. Selon une perspective interactionniste stratégique (Pépin, 2018) nous présenterons des éléments d’explication de l’écart qui existe entre cette valorisation de la collaboration et le fait qu’elle est parcimonieuse dans de nombreux milieux scolaires. Il ressort des caractéristiques communes et d’autres distinctes dans les dynamiques de ces trois équipes-écoles. Les enseignant.e.s se réfèrent souvent à la collaboration prescrite en équipe-cycle dans les communautés d’apprentissage professionnel (CAP) instaurées et celles davantage appréciées, soit la collaboration en équipe-degré et celle informelle. L’identification des enjeux, soit ce que les enseignants d’une part et les personnes qui les accompagnent d’autre part, veulent obtenir et ce qu’ils veulent éviter laisse entrevoir des pistes d’action viables selon l’approche du développement du pouvoir d’agir (Le Bossé, 2012).

Résumé du colloque

Plusieurs recherches, sondages et lettres ouvertes tendent à montrer que la dimension humaine des services offerts dans les réseaux scolaires et sociosanitaires est en péril (Le Devoir, 2018; Lévesque, 2018; Rousseau, 2018). La « déshumanisation » des pratiques et l’« autoritarisme » de l’organisation des réseaux devenus « trop centralisée » sous l’effet de réformes souvent associées aux préceptes de la nouvelle gestion publique et aux approches de type Lean est particulièrement pointée du doigt (Grenier et Bourque, 2016; Maranda et al., 2014; Parazelli et Ruelland, 2017). Paradoxalement, les politiques en matière d’organisation de l’action publique en éducation et en santé et services sociaux reconnaissent l’importance de l’autonomie professionnelle, de la collaboration et de la participation des usagers, notamment lorsqu’il s’agit d’intervenir dans des situations complexes (Couturier et Belzile, 2018). Vue comme une possibilité de mieux coordonner l’action publique et de mettre à profit la complémentarité des expertises, la collaboration devient un impératif organisationnel, professionnel et juridique pour les professionnels, les gestionnaires de même que les usagers et leurs proches. Les espaces de collaboration prescrite peuvent-ils être des lieux de démocratisation, c’est-à-dire des lieux de dialogue où chacun exprime librement son point de vue; de coconstruction des pratiques menant à des prises de décision collective; d’interreconnaissance des savoirs et des activités de chacun; agissant sur les inégalités sociales de pouvoir de manière à les réduire durant l’élaboration de problèmes et de solutions; consolidant le pouvoir d’agir collectif sur l’organisation de l’action publique? Comment les différents acteurs concernés peuvent-ils se saisir des occasions de collaboration pour démocratiser l’organisation de l’action publique; c’est-à-dire pour agir sur les mécanismes de reproduction d’inégalités sociales de pouvoir induite par un contexte organisationnel déterminé?

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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