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Jean-Philippe Meloche : Université de Montréal
La transition énergétique et écologique dans les villes passe par un ensemble de politiques touchant notamment l’aménagement du territoire et la planification des transports. Le paradigme de la mobilité durable renverse la hiérarchie des infrastructures dans la planification urbaine en privilégiant d’abord la mobilité active et en limitant l’espace consacré aux véhicules motorisés. Si les nouvelles formes de développements immobiliers plus denses et les investissements dans les transports en commun représentent des conditions nécessaires à cette transition, elles ne sont pas suffisantes à elles seules pour avoir un impact significatif. L’État dispose d’une capacité d’action efficace par la mise en place de mesures d’écofiscalité, mais tarde souvent à les utiliser. Nous abordons dans cette présentation des politiques financières qui visent à réduire les effets néfastes de l’étalement urbain et la dépendance à l’automobile. Parmi ces mesures, certaines touchent la possession ou l’utilisation de l’automobile : impôt sur l’achat de véhicules, droits d’immatriculation, taxe sur les carburants, péages routiers, taxes sur les stationnements. Au niveau de l’aménagement du territoire, on retrouve des mesures comme les taxes de lotissement, les droits de développement et les compensations pour la destruction de milieux naturels. La présentation a pour but de présenter les avantages et les limites de ces outils et de discuter des difficultés d’implantation de ces politiques au Québec.
Pour ne pas aggraver les effets des changements climatiques, tout en s’adaptant à ceux prévus, la communauté scientifique s’entend sur la nécessité de diminuer les émissions globales de CO2 de 45 % d’ici 2030 pour atteindre une neutralité carbone en 2050. Pour atteindre cet objectif, la compréhension des systèmes sociaux, économiques et environnementaux et de leurs interactions doit pouvoir se refléter dans les politiques publiques, économiques ou non, qui guideront cette transition. Une question centrale se pose : comment orienter l’économie québécoise afin de respecter les limites de la biosphère, de s’adapter aux changements climatiques et d’assurer une qualité de vie pour toutes et tous? Ce colloque mobilise des chercheurs qui mènent des recherches interdisciplinaires à l’intersection entre le développement économique et l’atteinte d’objectifs écologiques et sociaux. Ce colloque mettra en commun les recherches qui offrent des analyses et des réponses économiques pour alimenter les décisions politiques au Québec dans un contexte d’urgence climatique.
Thèmes abordés :
1. Les impacts des changements climatiques sur les systèmes socioécologiques. Les présentations porteront sur l’effet et les défis des changements climatiques sur les systèmes socioécologiques québécois tels que les milieux urbains, agricoles, forestiers et marins. Les communications discuteront les interactions entre les changements climatiques et les activités économiques au Québec, les conflits socioécologiques et les injustices climatiques présentes sur le territoire.
2. Les outils économiques, les politiques publiques et les solutions alternatives. Les présentations exploreront les solutions de rechange en matière de politiques publiques et de mécanismes économiques qui s’offrent à nous pour entreprendre une transition écologique. Les communications porteront sur les outils économiques, les cadres comptables, les mécanismes de compensation et de redistribution qui encourageraient des changements économiques respectueux des limites climatiques.
3. Les modèles de gouvernance et les institutions permettant une gestion adaptative. Le colloque vise à fournir un espace de réflexion portant sur les différentes épistémologies et connaissances qu’offrent diverses disciplines et les divers récits et constats sur les relations socioécologiques afin d’éclaircir les angles morts de la transition écologique. Dans ce sens, le troisième axe vise à discuter des changements institutionnels et de gouvernance nécessaires à l’arrimage des objectifs économiques, sociaux et environnementaux de la transition au Québec. Dans ce cadre sera encouragée une discussion portant sur les modèles de gouvernance qui permettraient de mieux s’adapter aux changements climatiques, sur le rôle des différents paliers institutionnels, sur les forces et les limites de la gouvernance adaptative, et ce, en tenant compte de la complexité des relations sociales et de la présence de relations de pouvoirs.
Titre du colloque :