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Frédéric CHARLES : Université Claude-Bernard-Lyon-I
Cette communication aborde le récit comme instrument méthodologique d’enquête. Dans une perspective de didactique curriculaire, une investigation des pratiques enseignantes est menée, visant notamment leur description et leur analyse lors de leur prise en charge d’un domaine du programme intitulé « Explorer le monde du vivant, des objets et la matières » (Ministère de l’Éducation Nationale, 2015). Pour mettre au jour ces pratiques, 15 enseignants volontaires ont reçu un carnet de bord dans lequel ils devaient consigner pendant une année scolaire leur pratique. Trois entretiens semi-directifs ont pris appui sur ces traces de l’activité enseignante (Barbier et Durand, 2003 ; Vinatier, 2009) selon une fréquence d’un entretien par trimestre.
L’analyse du contenu de ces carnets met au jour deux éléments :
Les récits produits constituent des outils méthodologiques efficaces pour restituer de manière fine des pratiques professionnelles et notamment comprendre et analyser la professionnalité enseignante.
Les écrits produits par les praticiens, proches des récits de vie de Bertaux (1997) sont généralement rédigés à la première personne et fortement personnels. Ils possèdent les caractéristiques d’une écriture réflexive et professionnalisante (Cros, 2003).
Ce colloque pluridisciplinaire sur le récit est organisé dans le cadre de la collaboration entre des chercheurs de l’Université Lyon 1 et de l’Université du Québec en Outaouais. S’inscrivant dans les travaux de didactique de sciences et de gestion de la classe menés par ces partenaires depuis quelques années, le récit émerge comme une thématique fédératrice méritant réflexion. Ainsi, les coresponsables proposent de développer des échanges scientifiques autour du récit et ses usages, en invitant chercheurs et praticiens de disciplines et de champs de pratique variés à établir un dialogue sur leurs avancées théoriques et méthodologiques sur le récit. Il s’agit alors de questionner les fondements épistémologiques du récit, ses diverses utilités et les fonctions de la dimension narrative. Dès lors se pose la question des formes possibles de cette dimension, comme représentation multimodale construite ou reconstruite sur la base de systèmes sémiotiques plus ou moins normés et liés aux dimensions de syntaxe, de sémantique et de pragmatique. Ces récits, articulés autour de l’acheminement d’une information à un destinataire plus ou moins identifié, constituent une forme de communication spontanée ou structurée. Le récit entretient donc des rapports pluriels à la réalité et à l’imaginaire, développe la capacité inventive et interprétative de l’auteur et du récepteur, et contribue au déploiement de nouvelles compétences. Le récit fait l’objet de nombreux usages, dans pratiquement tous les domaines et contextes de la vie socioéconomique, politique et scientifique. Plusieurs études s’en emparent, soit en tant qu’objet d’étude, soit en tant qu’instrument méthodologique. Ce colloque vise à questionner les enjeux, fonctions et usages du récit, les contraintes auxquelles il doit se soumettre, ou dont il est objet de critique, l’intention et l’objectivité des usagers : qu’est-ce qui est raconté, qui le raconte? Qui a commandité ce récit, pour quelle visée et pour quels usages?
Titre du colloque :
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