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Marie-Pierre Villeneuve : Université de Sherbrooke
En matière de justice pénale pour adolescents, le principal défi est de déterminer la peine qui permettra d’assurer la protection du public, tout en punissant le comportement criminel et en favorisant la réadaptation de l’adolescent. Au plan clinique, le défi est d’intervenir adéquatement auprès des jeunes contrevenants, afin de favoriser leur reprise en main et limiter la durée, l’intensité et la gravité des délits commis, tout en mettant en place les conditions optimales pour favoriser la transition vers un mode de vie exempt de criminalité. Depuis 2003, l’ordonnance différée de placement sous garde et de surveillance (ODP) permet à de jeunes contrevenants de purger leur peine dans la communauté, moyennant le respect de différentes conditions. Une étude montre que près de 60% des ODP se terminent soit par des manquements aux conditions, par la révocation de la liberté, ou par la commission d’un nouveau délit dans l’année suivant la peine. Cette communication vise à présenter la façon dont les pratiques d’intervention peuvent contribuer à initier et soutenir la transition vers le désistement du crime d’adolescents engagés dans une trajectoire de délinquance grave et persistante qui sont soumis à l’ODP. Une attention particulière est portée sur les pratiques d’intervention les plus prometteuses. Cette communication examine également les implications pour les politiques et les recherches futures concernant les meilleures pratiques en matière de justice pour mineurs.
Plusieurs auteurs parlent d’un virage punitif dans les politiques et discours à l’égard des criminels. Or, l’existence d’un tel virage dans les pratiques pénales demeure à ce jour assez méconnue, et ce, particulièrement au Canada. En effet, si les tendances dans les taux d’incarcération ont assez bien été documentées, on connaît très peu les tendances touchant les autres dimensions de la pénalité (les mises en accusation, les verdicts de culpabilité, le recours aux autres peines, le suivi des peines, la surveillance, etc.). De plus, ces grandes tendances ont souvent pour effet de masquer les différences qui peuvent exister selon les provinces, les contrevenants, les types de délits, etc. En effet, Garland (2011) développe le concept de « culture pénale locale » pour justifier l’intérêt de regarder, dans différentes communautés, comment les lois et les politiques sont réellement mises en pratique. Plusieurs proposent que les acteurs judiciaires demeurent les plus grands responsables des transformations pénales, et que c’est à leurs pratiques quotidiennes que l’on doive porter une attention particulière si on veut comprendre le sens de la pénalité aujourd’hui.
L’objectif de ce colloque est de faire place aux étudiants et aux chercheurs qui s’intéressent aux pratiques qui entourent la pénalité. Il vise à faire dialoguer les chercheurs qui travaillent sur les tendances de la pénalité (à l’aide de statistiques sur les tribunaux) et ceux travaillant sur les pratiques pénales, telles qu’observées à travers le travail quotidien des acteurs judiciaires (par des entrevues, des observations ou des analyses de la jurisprudence). En nous intéressant à différentes étapes du processus judiciaire et à différentes clientèles (détenu, sursitaire, mineur, personne présentant des troubles mentaux, etc.), nous espérons pouvoir entrecroiser les conclusions et offrir une réflexion plus générale sur le sens de la peine aujourd’hui.
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