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Lucie Le Callonnec : Université d'Ottawa
Ces trois dernières décennies ont été particulièrement marquées par un essor important du flux d’étudiants désireux de passer une partie de leur scolarité universitaire au sein d’un établissement étranger. En effet, la mise en place de divers programmes d’échanges dans le monde et le développement des transports et des technologies contribuent grandement à l’expansion de cette mobilité étudiante (Pleyers et Guillaume, 2008) si bien qu’en 2016 on dénombrait environ 4,8 millions d’étudiants internationaux à travers de le monde, chiffre qui a plus que doublé en seize ans (Endrizzi, 2010 ; Unesco, 2016). Il va sans dire que réaliser un séjour universitaire à l’étranger est un atout dans le développement personnel et professionnel de ces étudiants d’où la volonté, pour certains d’entre eux, de réaliser un doctorat dans le cadre d’une cotutelle internationale. Or, si cette forme doctorale est, certes, bénéfique pour l’étudiant, elle lui apporte également son lot de défis auquel l’étudiant ne s’était pas nécessairement préparé lorsqu’il a entamé ses démarches. Aussi, à partir de son expérience personnelle appuyée par des publications en lien avec cette thématique, l’auteure de cet article a pour objectif de mettre la lumière sur ces zones d’ombre de ce doctorat encore peu connu.
Depuis les années 1960, le Canada observe une hausse des inscriptions aux programmes de 2e et 3e cycles universitaires. Cependant, les données statistiques provenant du gouvernement du Canada indiquent un taux d’abandon se situant entre 30 et 50 %, autant à la maîtrise qu’au doctorat (Litalien et Guay, 2015). Plus particulièrement, le taux de diplomation dans les programmes de doctorat en sciences humaines et sociales, y compris l’éducation, se situe à 60 %, en moyenne (Tamburi, 2013). Or, de ces étudiants qui réussissent à obtenir leur diplôme, nombreux sont ceux qui dépassent les délais impartis par leurs programmes d’études (Denis et Lison, 2016). L’Association canadienne des études supérieures, par ailleurs, énumère plusieurs obstacles devant être surmontés tout au long du parcours doctoral, tels que le financement insuffisant, le manque de supervision constructive, la conception inadéquate des programmes, l’isolement universitaire, la portée trop large du sujet de thèse et le manque de préparation aux études supérieures des étudiants (2004). C’est ainsi que ce colloque portera sur les défis du parcours doctoral et ses solutions. À partir de leurs récits autobiographiques et des écrits relatifs au domaine, huit praticiennes-chercheures (Albert et Couture, 2013) en sciences de l’éducation partageront leur expériences respective du doctorat et les possibles solutions aux défis qu’elles ont rencontrés. Précisons que l’approche biographique désigne globalement « toutes les pratiques qui ont recours au récit de vie comme support pour explorer les parcours individuels ou l’histoire de collectifs professionnels, institutionnels ou communautaires » (Orofiamma, 2008, p. 5). Les pratiques favorisant la réussite du parcours doctoral seront abordées, non seulement au bénéfice des doctorants issus des sciences de l’éducation et des autres disciplines des sciences humaines et sociales, mais aussi à celui de leurs directeurs de thèse.
Thème du colloque :