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Féminins nihilistes et résistance : le parler-pute

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Sabrina Clermont-Letendre : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Dans le cadre de cette communication j’entends discuter, à partir du parler-pute, des écrivaines francophones dans une perspective nihiliste et féministe. À partir du constat selon lequel l’Occident fonde sa philosophie sur le nihilisme et le dualisme, la mondialisation néolibérale, plutôt que de se détacher des anciennes tendances aux faux absolus, devient une tentative de reconstruction de catégories stables. Autrefois perçue comme un domaine masculin, la pensée nihiliste est aujourd’hui réarticulée par plusieurs écrivaines.

Il y a, dans l’écriture nihiliste au féminin une utilité confondante au déploiement d’un « je » prostitué. Le parler-pute est utile parce qu’il relève d’une grande violence et d’une des oppositions les plus fortes du système occidental : Ève et Marie. La pute, archétype de féminité, devient une entité particulièrement transgressive étant à la fois agente et produit.

Plusieurs écrivaines francophones posent un regard critique et nihiliste sur la société mondialisée par l’écriture de la putain. C’est ainsi que des personnages tels qu’Irène dans Femme nue, femme noire de Calixthe Beyala, d’Ève dans Ève de ses décombres d’Ananda Devi, de Mina dans Chair piment de Gisèle Pineau ou encore l’écrivaine-personnage Nelly Arcan, deviennent à la fois des femmes résistantes et résilientes face à la mondialisation qui tente de faire d’elles des images reproduites en série.

Résumé du colloque

Dès la fin de la guerre froide, nous observons le surgissement d’un nouvel ordre géopolitique : la mondialisation (Dirlik, 2007; Freitag, 2008; Gélinas, 2000; Lewellen, 2002; Sassen, 2009). Ce changement entraîne aussi des métamorphoses culturelles, telles que la fin du postmodernisme, événement confirmé au début du 21e siècle (Hutcheon, 2002; Hassan, 2003; Ferrer, 2010). Pendant la même période, nous constatons que, du point de vue des études littéraires, de nombreux théoriciens se penchent de nouveau sur le concept de littérature mondiale (Casanova, 1999; Prendergast, 2004; Damrosch, 2003, 2011, 2014; Miller, 2011) et ouvrent les frontières afin de dépasser le point de vue occidental en intégrant la notion de mondialisation aux études littéraires (Patil, 2006; Saussy, 2006; Pizer, 2006; Gupta, 2009). Plusieurs chercheurs approfondissent aussi les relations entre littérature et traduction (Apter, 2013; Dyre, 2009; Xie et Shi, 2011; Chaudhuri, 2012; Morgan, 2013; Casanova, 2015), contestent le concept de canon littéraire (Insko, 2003; Kermode, 2004; Fishelov, 2010) et déclarent la naissance de l’âge hypercanonique (Damrosch, 2006). Cependant, à la même époque, nous constatons une tendance contraire par rapport aux écrivaines (Planté, 2003; Underwood et Bamman, 2016; Glorieux, 2017; Langlais, 2017). En effet, des publications récentes soulignent un phénomène de « déféminisation » (Langlais, 2017) de la littérature, soulignant même « un écart entre la présence de femmes écrivains dans la culture vécue et leur faible visibilité dans l’histoire littéraire » (Planté, 2003, p. 655). Ainsi, malgré les mouvements féministes observés depuis l’après-guerre et la récente redéfinition du canon littéraire, les écrivaines continueraient de devoir surmonter de nombreux obstacles afin de faire rayonner leurs œuvres. En faisant suite à ces constats, ce colloque se propose de susciter un regard critique sur les enjeux qui caractérisent la place des écrivaines dans la littérature mondiale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
news icon Thème du colloque :
Écrivaines et mondialisation
section icon Date : 27 mai 2019

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Titre du colloque :

Écrivaines et mondialisation

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Thème du colloque :

Écrivaines et mondialisation