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Nancy Gélinas : Université Laval
Il y a 18 ans, j’écrivais dans ma thèse que « Chacune des visions sectorielles véhiculées par ces groupes [d’utilisateurs des ressources] représente un morceau de casse-tête. Les morceaux s’accrochent ainsi les uns aux autres pour former la sphère de la vision collective qui gravite autour d’un intérêt commun, la revitalisation de la communauté. La gestion partenariale constitue le lien qui tient les morceaux de casse-tête ensemble ». Aujourd’hui, je me questionne encore sur le sens du terme gestion partenariale. Est-ce possible de concilier tous les usages, d’aller au-delà de la confrontation et de déployer des outils technologiques qui permettraient l’atteinte d’objectifs de production tout en misant sur la multifonctionnalité du territoire forestier? Quelle gouvernance assurerait une gestion adaptative, intégrée et partenariale? Nous proposons un regard multiple sur cette question et l’élaboration d’outils divers qui, une fois combinés, apporteront peut-être des réponses à cette question. Parmi les outils en développement, mentionnons un modèle bioéconomique pour la mise en valeur de la multifonctionnalité des territoires, une typologie des représentations autochtones de l’aménagement intensif et une démarche d’intégration des valeurs de la population pour la conception d’un régime forestier unifié. Ces projets s’inscrivent dans ma quête de validation du concept de gestion partenariale pour les forêts québécoises.
Pour ne pas aggraver les effets des changements climatiques, tout en s’adaptant à ceux prévus, la communauté scientifique s’entend sur la nécessité de diminuer les émissions globales de CO2 de 45 % d’ici 2030 pour atteindre une neutralité carbone en 2050. Pour atteindre cet objectif, la compréhension des systèmes sociaux, économiques et environnementaux et de leurs interactions doit pouvoir se refléter dans les politiques publiques, économiques ou non, qui guideront cette transition. Une question centrale se pose : comment orienter l’économie québécoise afin de respecter les limites de la biosphère, de s’adapter aux changements climatiques et d’assurer une qualité de vie pour toutes et tous? Ce colloque mobilise des chercheurs qui mènent des recherches interdisciplinaires à l’intersection entre le développement économique et l’atteinte d’objectifs écologiques et sociaux. Ce colloque mettra en commun les recherches qui offrent des analyses et des réponses économiques pour alimenter les décisions politiques au Québec dans un contexte d’urgence climatique.
Thèmes abordés :
1. Les impacts des changements climatiques sur les systèmes socioécologiques. Les présentations porteront sur l’effet et les défis des changements climatiques sur les systèmes socioécologiques québécois tels que les milieux urbains, agricoles, forestiers et marins. Les communications discuteront les interactions entre les changements climatiques et les activités économiques au Québec, les conflits socioécologiques et les injustices climatiques présentes sur le territoire.
2. Les outils économiques, les politiques publiques et les solutions alternatives. Les présentations exploreront les solutions de rechange en matière de politiques publiques et de mécanismes économiques qui s’offrent à nous pour entreprendre une transition écologique. Les communications porteront sur les outils économiques, les cadres comptables, les mécanismes de compensation et de redistribution qui encourageraient des changements économiques respectueux des limites climatiques.
3. Les modèles de gouvernance et les institutions permettant une gestion adaptative. Le colloque vise à fournir un espace de réflexion portant sur les différentes épistémologies et connaissances qu’offrent diverses disciplines et les divers récits et constats sur les relations socioécologiques afin d’éclaircir les angles morts de la transition écologique. Dans ce sens, le troisième axe vise à discuter des changements institutionnels et de gouvernance nécessaires à l’arrimage des objectifs économiques, sociaux et environnementaux de la transition au Québec. Dans ce cadre sera encouragée une discussion portant sur les modèles de gouvernance qui permettraient de mieux s’adapter aux changements climatiques, sur le rôle des différents paliers institutionnels, sur les forces et les limites de la gouvernance adaptative, et ce, en tenant compte de la complexité des relations sociales et de la présence de relations de pouvoirs.
Thème du colloque :