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Sophie Mcmullin : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les fonctions exécutives (FE), mémoire de travail, inhibition et flexibilité cognitive, pour la plupart des auteurs (Diamond, 2013, Miyake et al., 2000), sont des fonctions cognitives régulant pensées et comportements (Miyake et Friedman, 2012). Elles occupent ont un rôle central dans les apprentissages, comme dans le changement conceptuel en sciences (Masson, Potvin, Riopel et Brault Foisy, 2014). Des programmes d’entraînement des FE ont été développés, mais la plupart s’intéresse à la mémoire de travail. Peu de données existe pour l’inhibition et la flexibilité cognitive. De plus, les résultats sont assez divergents. L’impact de ces programmes étant encore incertain, nous allons réaliser une méta-analyse qui comparera les FE entraînées, dans l’objectif d’identifier quelle intervention serait la plus profitable. Ce sera aussi l’occasion de discuter du rôle des recensions systématiques et des méta-analyses dans l’étude de l’apprentissage.
La recherche en éducation constitue un champ d’études large au sein duquel les questions liées à l’apprentissage sont bien évidemment centrales. Toutefois, pour les chercheur.se.s, la manière d’aborder cet objet complexe qu’est l’apprentissage est elle-même… particulièrement complexe!
Les enjeux méthodologiques pour rendre compte de l’apprentissage dans sa double dimension de produit (ce qui est appris) et de processus (comment c’est appris) sont en effet nombreux. À titre d’exemple, la seule « mesure » de l’apprentissage après une intervention en classe présente des défis de taille dans l’élaboration du devis de recherche : comment constituer un échantillon représentatif dans un contexte où l’accès au terrain est particulièrement difficile? Le recours au devis à mesures répétées pré et post-tests est-il suffisant pour témoigner de ce qui est appris? Comment tenir compte de ce qui se passe dans la tête de celui qui apprend au moment où il apprend? Ainsi, les chercheur.se.s se trouvent souvent confrontés à des choix déchirants qui limitent la portée des conclusions de leurs recherches. Grâce à des pratiques innovantes en recherche, les chercheur.se.s ont désormais accès à des méthodes leur permettant d’affronter ces nombreux défis.
Comme l’apprentissage est son objet d’étude, le Centre d’études sur l’apprentissage et la performance (CEAP) de l’Université du Québec à Montréal (https://ceap.uqam.ca) propose de réfléchir aux défis méthodologiques que les chercheurs en sciences de l’éducation rencontrent dans leurs travaux sur l’apprentissage. Ce premier colloque sur l’apprentissage s’articule autour de deux axes : l’apprentissage vu comme un processus d’apprentissage (axe 1) et comme le produit de leur apprentissage (axe 2). Plus précisément sont abordées les questions des outils pour rendre compte des processus et des produits de l’apprentissage, et ce, sous l’angle des défis qu’ils présentent et des pratiques méthodologiques innovantes.
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