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Anne-Sophie Gobeil : Université Laval
Utiliser l’entretien de recherche qualitatif est en soi un défi, de par la complexité des relations interpersonnelles qui s’y déploient et l’exigence de tact et de réflexivité qui l’accompagne. Or, s’entretenir avec des professionnelles de l’information amène une difficulté supplémentaire : mettre en confiance des femmes habituées à être en contrôle des situations d’entrevues, et asseoir sa crédibilité en tant que chercheure et intervieweuse. Dans cette communication, nous examinerons en deux temps ces défis particuliers, rencontrés lors notre mémoire et de notre thèse, au cours desquels nous avons mené des entretiens avec des femmes journalistes correspondantes à l’étranger et des professionnelles de la gestion des médias sociaux dans diverses entreprises médiatiques québécoises. Dans un premier temps, nous nous pencherons sur le travail minutieux d’identification des non-dits, des hésitations et des malaises, qui demande une observation constante et une écoute attentive. Plus encore, il faut trouver la manière d’aborder ces malaises, de les nommer et de les expliquer, sans les accentuer. Dans un deuxième temps, nous aborderons les stratégies adoptées pour, d’une part, mettre à l’aise nos informatrices et, d’autre part, les amener à s’ouvrir pour discuter des malaises causés par certains thèmes d’entretien. Nous espérons ainsi ouvrir la discussion avec les participant.es du colloque qui auraient vécu des défis similaires.
Ce colloque s’intéresse aux enjeux méthodologiques entourant les études sur le genre, les médias et la communication publique. Les recherches sur les rapports de pouvoir sexués, qui font référence à la bicatégorisation hiérarchisée des sexes et aux connotations qui leur sont associées, soulèvent de nombreuses questions ontologiques, épistémologiques et éthiques qui sont rarement abordées dans les études plus classiques en études des médias et en communication publique, notamment sur la nature même de la science et de la connaissance, sur la cohérence des points de repère théoriques et méthodologiques mobilisés, sur les rapports de pouvoir entre les chercheurs et chercheuses et leurs répondant.e.s. De même, les approches méthodologiques inductives, les outils de collecte de données et les méthodes d’analyse qui sont privilégiées en études féministes des médias et de la communication publique diffèrent souvent des approches dominantes dans ce champ d’étude, ce qui pose des défis particuliers aux étudiant.e.s des cycles supérieurs qui travaillent dans ces perspectives. Enfin, les rares recherches historiques sur le genre et les médias, ou les actuelles perspectives queer sur l’espace public, amènent les jeunes chercheurs ou chercheuses à poser des questions rarement abordées dans les recherches en communication, ce qui leur lance des défis méthodologiques costauds pour lesquels il existe encore peu de points de repère scientifiques, même en études féministes. Le colloque a comme objectif de créer un lieu de discussion entre candidat.e.s au doctorat et chercheuses débutantes et chevronnées qui permettra de nommer ces difficultés et enjeux, et de délier certains noeuds.
Titre du colloque :