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Béatrice Lefebvre : UQAM - Université du Québec à Montréal
La concertation en alimentation à Montréal s’opère à la fois à l’échelle locale (les quartiers), mais aussi à une échelle régionale (Île de Montréal). Dans le cadre d’une recherche doctorale sur la gouvernance alimentaire à Montréal, nous avons effectué des entretiens semi-directifs avec 8 personnes impliquées au sein d’organisations de concertations locales, 12 employé.e.s d’initiatives alimentaires alternatives locales (aide alimentaire, cuisines collectives, agriculture urbaine, marchés, etc.) et 9 membres du conseil de politiques alimentaires (C-SAM). Dans cette présentation, nous exposerons les enjeux locaux en alimentation, les défis organisationnels et les innovations sociales au niveau local qui ressortent de nos analyses préliminaires de ces entretiens avec les représentants d’organismes de concertation locale. Nous aborderons aussi brièvement les attentes des instances de concertations locales envers le C-SAM.
Les changements politiques contemporains se manifestent par la promotion de modes d’action publique qui mettent au second plan le rôle régulateur de l’État et le dialogue avec la société civile organisée, tout en mettant à l’épreuve la solidarité et la cohésion sociales. Si les innovations sociales sont souvent nées dans de telles configurations, ces contraintes représentent néanmoins des défis de taille tant pour les praticien-ne-s que pour les chercheur-se-s. La capacité des innovations sociales à conduire à des transformations sociales et à de l’action publique, ou à constituer une forme de résistance à l’effritement du lien social, est ainsi de nouveau remise en question. Le but de ce colloque est de comprendre comment l’arrimage recherche-terrain permet aux acteurs de se repositionner dans un environnement en mutation et de produire des connaissances et des pratiques transformatrices. Ces défis se déclinent sur plusieurs plans :
- L’économie sociale et les autres organisations collectives sont interrogées sur leur capacité de développer une action autonome et sur leur rapport à un État qui semble moins porté vers les modèles à but non lucratif qu’il l’a déjà été.
- Les territoires, dont les instances de concertation et de développement, souvent mises à mal par les nouvelles orientations politiques, doivent trouver de nouvelles avenues pour préserver les solidarités, assurer une transition écologique et penser leur développement social.
- Le travail et ses acteurs subissent ces changements à travers la déstabilisation tant du statut salarial que des institutions syndicales.
Ces questions conduisent à s’interroger sur les pratiques et sur le rôle des établissements d’enseignement supérieur comme miroir critique et comme incubateur d’innovations sociales. Ce colloque invite également à analyser l’action spécifique de ces « passeurs » et « opérateurs » du dialogue savoirs-société, qu’ils soient assimilés au domaine universitaire ou à la pratique sociale.
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