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La dimension éthique en histoire selon des futur∙e∙s enseignant∙e∙s en Ontario

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Marie-Hélène Brunet : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Le curriculum ontarien en histoire, depuis 2013, fait une place importante au développement de la pensée critique et s’est largement inspiré des travaux de Peter Seixas. Sont ainsi prescrits quatre des six concepts de la pensée historique (Seixas et Morton, 2016), en plus de donner une place prépondérante à l’usage des sources primaires. Toutefois, les auteurs des programmes ontariens ont préféré abandonner l’étude de l’un des concepts, soit celui de la dimension éthique (Pollock, 2017). Or, cette absence ne risque-t-elle d’occulter la mise en relief des rapports de pouvoir inégalitaires dans l’histoire? Cette communication présente les résultats d’une analyse des réactions de futur∙e∙s enseignant∙e∙s quant à la perception de leur rôle dans l’enseignement de la dimension éthique en histoire. Les données, issues d’un travail de réflexion realisé par dix étudiant∙e∙s dans le cadre d’un cours de didactique de l’histoire au cycle intermédiaire (équivalent de l’enseignement de la 1ère à la 4ième secondaire), montrent les perceptions parfois contradictoires de ceux∙celles-ci vis-àvis les exigences du curriculum officiel et permettent selon nous d’éclairer les craintes et les besoins de formation des enseignant∙e∙s relativement à l’intégration de la dimension éthique et des rapports de pouvoir en classe d’histoire.

Résumé du colloque

Il existe une réelle volonté, partagée par des chercheurs et praticiens en éducation, de promouvoir une meilleure justice sociale par l’étude des inégalités. On souhaite préparer les élèves à agir sur le monde pour le rendre plus juste. Cette manière de penser l’école trouve sa source au sein des pédagogies critiques (Freire, 1974), antiracistes (Eckmann et Davolio, 2002) et féministes (Brunet et Demers, 2018). Les enseignants sont incités à traiter des relations de pouvoirs en classe, par l’entremise des notions de genre, de race, d’ethnicité, de langue, de classe et d’invalidité, pour ne nommer que celles-là, qui structurent la vie sociale. Mais il faut bien le constater, parler de ces thèmes cause de l’inconfort autant aux enseignants qu’aux élèves. Le présent symposium vise à mieux comprendre cet inconfort (Boler et Zembylas, 2003) en ciblant en particulier la classe d’histoire.

La classe d’histoire, souvent associée à la formation des futurs citoyens, est perçue comme un lieu naturel pour traiter des rapports de pouvoir à l’école. Les sujets ne manquent pas : esclavagisme, luttes féministes, exclusions historiques de groupes minorisés, etc. Mais ces sujets créent des inconforts. Certains enseignants craignent de paraître militants. On observe aussi des résistances à l’intégration de ces questions dans les curriculums (Scott et Gani, 2018). D’autres enseignants se sentent à l’aise d’analyser sous l’angle des perspectives (Seixas et Morton, 2012), mais préfèrent parfois les mettre sur un pied d’égalité, écartant par le fait même l’étude des hiérarchies et marginalisations sociales. On peut comprendre que plusieurs craignent de mettre en péril l’« espace sécuritaire » que constitue leur classe (Zembylas, 2015).

Il nous paraît fondamental de mieux documenter et théoriser cet inconfort pour ultimement l’anticiper, et agir. Ce symposium sera donc centré sur la problématique suivante : pourquoi cet inconfort, comment le comprendre et de quelle manière l’accueillir?

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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