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La place des écrivaines autochtones dans la littérature mondiale

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Rita OLIVIERI-GODET : Université Rennes 2

Résumé de la communication

Ce qui interpelle lorsqu’on examine la production des littératures amérindiennes francophones et lusophones, c’est la prise de parole des femmes autochtones et leur position d’avant-garde au sein de cette production littéraire. Les créations littéraires et artistiques autochtones actuelles au Brésil et au Québec sont traversées par l’émergence de voix de femmes dont les œuvres portent leur subjectivité féminine et un désir d’émancipation sociale et littéraire. Militantes et écrivaines, ces femmes essaient de se frayer un chemin au sein de nos sociétés occidentales par le biais de leur écriture, considérée comme un lieu utopique de survie et de résistance, et de leurs actions qui se reflètent dans leurs trajectoires organisationnelles. Elles mettent en scène des processus d’articulation des espaces qui permettent la circulation et la (re)contextualisation d’expériences et de cultures singulières. Notre communication examinera les stratégies mises en place par Eliane Potiguara (Brésil) et Natasha Kanapé Fontaine (Québec) qui contribuent à fonder de nouveaux paradigmes et à reconfigurer des systèmes littéraires et des imaginaires.

Résumé du colloque

Dès la fin de la guerre froide, nous observons le surgissement d’un nouvel ordre géopolitique : la mondialisation (Dirlik, 2007; Freitag, 2008; Gélinas, 2000; Lewellen, 2002; Sassen, 2009). Ce changement entraîne aussi des métamorphoses culturelles, telles que la fin du postmodernisme, événement confirmé au début du 21e siècle (Hutcheon, 2002; Hassan, 2003; Ferrer, 2010). Pendant la même période, nous constatons que, du point de vue des études littéraires, de nombreux théoriciens se penchent de nouveau sur le concept de littérature mondiale (Casanova, 1999; Prendergast, 2004; Damrosch, 2003, 2011, 2014; Miller, 2011) et ouvrent les frontières afin de dépasser le point de vue occidental en intégrant la notion de mondialisation aux études littéraires (Patil, 2006; Saussy, 2006; Pizer, 2006; Gupta, 2009). Plusieurs chercheurs approfondissent aussi les relations entre littérature et traduction (Apter, 2013; Dyre, 2009; Xie et Shi, 2011; Chaudhuri, 2012; Morgan, 2013; Casanova, 2015), contestent le concept de canon littéraire (Insko, 2003; Kermode, 2004; Fishelov, 2010) et déclarent la naissance de l’âge hypercanonique (Damrosch, 2006). Cependant, à la même époque, nous constatons une tendance contraire par rapport aux écrivaines (Planté, 2003; Underwood et Bamman, 2016; Glorieux, 2017; Langlais, 2017). En effet, des publications récentes soulignent un phénomène de « déféminisation » (Langlais, 2017) de la littérature, soulignant même « un écart entre la présence de femmes écrivains dans la culture vécue et leur faible visibilité dans l’histoire littéraire » (Planté, 2003, p. 655). Ainsi, malgré les mouvements féministes observés depuis l’après-guerre et la récente redéfinition du canon littéraire, les écrivaines continueraient de devoir surmonter de nombreux obstacles afin de faire rayonner leurs œuvres. En faisant suite à ces constats, ce colloque se propose de susciter un regard critique sur les enjeux qui caractérisent la place des écrivaines dans la littérature mondiale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
news icon Thème du colloque :
Écrivaines et mondialisation
section icon Date : 27 mai 2019

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Titre du colloque :

Écrivaines et mondialisation

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Thème du colloque :

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