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La réception mondiale de L’Amie prodigieuse : un état des lieux

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Mallory Trocadero : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Traduite en 42 langues, vendue à cinq millions d’exemplaires dans le monde, L’Amie prodigieuse de Elena Ferrante est le nouveau succès mondial. La saga suscite de vives réactions, allant de la louange au mépris. L’auteur.e a fait le choix de l’anonymat en 1991 : il s'agissait de la condition sine qua non à la publication de son premier roman. Si dans le premier temps de la réception c'est bien sa tétralogie qui est mise de l'avant, la question de l’anonymat prend la première place dès la propulsion de la saga sur la scène littéraire internationale. La question n’est alors plus de savoir pourquoi L’Amie prodigieuse est un succès, mais bien : qui est Elena Ferrante ? Bien que l'on ignore aujourd'hui encore qui est l'auteur.e, le pseudonyme féminin entraîne une lecture genrée de l’œuvre, que l’on suppose que l’auteur.e soit un homme ou une femme (ou encore un couple ou un groupe d’auteurs). Des stéréotypes de genre se dégagent des critiques et servent d'arguments pour la confirmation de ces hypothèses. On comprend alors que certains procédés d'écriture et thèmes sont encore genrés, associés au féminin ou au masculin. Ma communication, qui s'inscrit dans le cadre de mes recherches pour mon mémoire, portera donc sur l'étude comparative de la réception de L'Amie prodigieuse dans les médias francophones (France et Québec) et anglophones (États-Unis et Angleterre), en portant d’autant plus attention aux stéréotypes de genre et leur partage, ou non, dans les différents corpus étudiés.

Résumé du colloque

Dès la fin de la guerre froide, nous observons le surgissement d’un nouvel ordre géopolitique : la mondialisation (Dirlik, 2007; Freitag, 2008; Gélinas, 2000; Lewellen, 2002; Sassen, 2009). Ce changement entraîne aussi des métamorphoses culturelles, telles que la fin du postmodernisme, événement confirmé au début du 21e siècle (Hutcheon, 2002; Hassan, 2003; Ferrer, 2010). Pendant la même période, nous constatons que, du point de vue des études littéraires, de nombreux théoriciens se penchent de nouveau sur le concept de littérature mondiale (Casanova, 1999; Prendergast, 2004; Damrosch, 2003, 2011, 2014; Miller, 2011) et ouvrent les frontières afin de dépasser le point de vue occidental en intégrant la notion de mondialisation aux études littéraires (Patil, 2006; Saussy, 2006; Pizer, 2006; Gupta, 2009). Plusieurs chercheurs approfondissent aussi les relations entre littérature et traduction (Apter, 2013; Dyre, 2009; Xie et Shi, 2011; Chaudhuri, 2012; Morgan, 2013; Casanova, 2015), contestent le concept de canon littéraire (Insko, 2003; Kermode, 2004; Fishelov, 2010) et déclarent la naissance de l’âge hypercanonique (Damrosch, 2006). Cependant, à la même époque, nous constatons une tendance contraire par rapport aux écrivaines (Planté, 2003; Underwood et Bamman, 2016; Glorieux, 2017; Langlais, 2017). En effet, des publications récentes soulignent un phénomène de « déféminisation » (Langlais, 2017) de la littérature, soulignant même « un écart entre la présence de femmes écrivains dans la culture vécue et leur faible visibilité dans l’histoire littéraire » (Planté, 2003, p. 655). Ainsi, malgré les mouvements féministes observés depuis l’après-guerre et la récente redéfinition du canon littéraire, les écrivaines continueraient de devoir surmonter de nombreux obstacles afin de faire rayonner leurs œuvres. En faisant suite à ces constats, ce colloque se propose de susciter un regard critique sur les enjeux qui caractérisent la place des écrivaines dans la littérature mondiale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
news icon Thème du colloque :
Écrivaines et mondialisation
section icon Date : 27 mai 2019

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Titre du colloque :

Écrivaines et mondialisation

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Thème du colloque :

Écrivaines et mondialisation