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Marie-Eve L. Bordeleau : Ville de Montréal
L'avocate crie Marie-Ève L. Bordeleau est Commissaire aux relations avec les Peuples autochtones pour la Ville de Montréal depuis janvier 2018. Marie-Ève Bordeleau travaille depuis longtemps sur les relations politiques et administratives entre les peuples autochtones et les différentes administrations gouvernementales. En tant qu’avocate et consultante, elle a parcouru le Québec et le Canada pour le compte d’organisations autochtones telles que des compagnies ou des conseils de bande. Sa grande fierté est d’avoir traversé le pays avec le Cercle national autochtone contre la violence familiale, afin de développer une trousse à outils légales pour maisons d'hébergement pour femmes autochtones. La conférencière présentera le processus de réconciliation que la Ville de Montréal a entrepris avec les peuples autochtones.
En 1996, le rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones (CRPA) recommandait aux Canadiens d’amorcer un processus national de réconciliation. En 2015, la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVRC) appelait à un pacte de réconciliation, considérant que l’appel lancé 20 ans plus tôt par le CRPA n’avait été ni entendu ni mis en œuvre. Dans son rapport publié en 2015, la CVRC mettait l’accent sur les nombreux obstacles qui freinent cette réconciliation, tels que les malentendus culturels qui ternissent les relations entre Autochtones et allochtones dans les domaines de la santé, de la justice ou de l’éducation et la divergence des points de vue sur la signification même de la réconciliation. Ce rapport souligne en effet qu’il n’y a pas une vérité ou une vision de la réconciliation, mais de multiples perspectives. Depuis la parution du rapport, la réconciliation est devenue une préoccupation politique et sociale au Canada. Elle oriente les directions prises au sein des ministères, elle imprègne les décisions politiques en lien avec les peuples autochtones et les programmes qui leur sont adressés. Comment penser cette notion aujourd’hui sans en faire pour autant une évidence? Comment faire en sorte que la réconciliation nationale ne soit pas un cadre trop rigide reproduisant des rapports de pouvoir asymétriques? Comment prendre en compte les multiples attentes à l’égard de ce processus, toutes situées dans des contextes subjectifs, historiques, culturels et politiques différents? Avec ce colloque, la Chaire de recherche Sentinelle Nord sur les relations avec les sociétés inuit (CRSI) propose de jeter les bases d’une réflexion critique sur le concept de réconciliation, en montrant comment il est apparu à la croisée d’événements historiques et politiques, en mettant en évidence la diversité des points de vue sur le sujet et la nécessité de repenser ce qu’on entend même par relation harmonieuse.
Titre du colloque :