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L’approche de laboratoire vivant : quelle pertinence en terrain d’adaptation aux changements climatiques?

AV

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Anthony Voisard : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Les communautés locales doivent planifier des mesures d’adaptation afin de limiter le plus possible les coûts sociaux et environnementaux associés aux impacts du dérèglement climatique sur les territoires. Dans le cas spécifique du réservoir d'eau potable Beaudet à Victoriaville, le changement climatique se traduit par une accentuation de l'ensablement du réservoir provenant notamment d'un déséquilibre morphologique de la rivière Bulstrode. En 2016, la municipalité de Victoriaville faisait appel à l’équipe multidisciplinaire du CISA pour accompagner une expérimentation de laboratoire vivant qui visait à harmoniser les enjeux des acteurs en amont et ceux liés à la restauration du réservoir d’eau. Le déploiement effectif du laboratoire vivant permet d'instaurer une dynamique d’échange entre les parties prenantes sous la forme de processus collaboratifs, regroupant dans un même ensemble savoirs scientifiques, savoirs professionnels et savoirs d’expérience afin de favoriser l’émergence d’innovations. L’approche de laboratoire vivant se caractérise ainsi par le fait qu’elle est « portée par les usagers » qui sont eux-mêmes issus de plusieurs champs d’activités. À la lumière du parcours de recherche-action réalisé, et selon un point de vue de philosophie pratique, la présente communication vise à examiner les points forts identifiés du modèle de laboratoire vivant, tout autant que ses limites et sa pertinence pour les travaux terrain en adaptation aux changements climatiques.

Résumé du colloque

Les changements climatiques s’imposent à l’attention, notamment à l’échelle régionale et locale, car c’est souvent à ce niveau que les aléas et les dommages se font sentir, (rappelons les inondations de mai 2017, les vagues de chaleur de l’été 2018, des événements dont l’intensité fut exceptionnelle). Prendre cette question au sérieux suppose de poursuivre sur le plan social les efforts de transition énergétique et d’atténuation afin de faire diminuer l’émission de gaz à effet de serre. Toutefois ce n’est pas suffisant alors qu’il devient clair que rencontrer les objectifs des accords de Paris 2015 demeure tout un défi. Pendant que les décideurs semblent hésiter, les perturbations du système climatique se font sentir et vont continuer de le faire. Il faut donc que les communautés humaines s’adaptent, au Québec comme ailleurs, qu'il agisse de grandes villes ou de régions. Les villes posent des défis particuliers en raison de leur diversité et de leur étalement sur le territoire. Cette réflexion sur l’adaptation, elle doit se faire en tenant compte d’un certain nombre de paramètres : analyse de la vulnérabilité, des types de milieux et des populations, en tablant souvent sur des processus de gouvernance qui ne seront pas seulement le fait de certains experts, mais aussi quelque chose de partagé dans la population. Si les gens sont parfois un peu découragés de leur peu de pouvoir à l’échelle planétaire, à celle des régions des actions semblent encore possibles.

Ce colloque sur invitation permettra aux équipes de recherche, mais aussi aux membres du public de prendre une meilleure connaissance de ce qui se fait actuellement en adaptation aux changements climatiques dans les régions sur le territoire québécois. À ce titre, les projets en cours ont quelque chose d’exemplaire : ils pourraient être source d’inspiration ou, dans certains cas, permettre de reconnaître et peut-être d’éviter certains écueils. Le colloque sera l’occasion pour les chercheurs, pour les étudiants de maîtrise, de doctorat ou de postdoctorat rattachés aux différentes équipes, de venir faire le point sur leurs approches concrètes dans le traitement des questions, sur les défis qu’ils rencontrent et sur les résultats qu’ils ont commencé d’obtenir. Parler d’approches, c’est soulever la question des méthodologies, qui ont parfois quelque chose de souple; les équipes ont tout intérêt à mieux connaître les méthodologies mises en jeu par d’autres équipes et aussi à pouvoir discuter leurs manières d’obtenir des résultats. Les équipes invitées sont dans la plupart des cas en plein cœur de leur travail : on peut escompter que des défis auront besoin d’être exposés et analysés en profondeur. Dans certains cas, des résultats pourront être communiqués, mais il s’agira surtout de rapports d’étapes et non de bilans complets des recherches menées.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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