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L’avènement du féminisme en Turquie : Duygu Asena sur les pas de Simone de Beauvoir

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Eylem AKSOY ALP : Université Hacettepe

Résumé de la communication

Simone de Beauvoir est sans aucune contestation la figure majeure de la seconde vague du féminisme en France et dans le monde. De la même manière, Duygu Asena peut être considérée comme la représentante en Turquie de cette nouvelle vague féministe. L’ouvrage culte, Le Deuxième sexe, met une trentaine d’années pour être traduit en turc à la fin des années 1970, avec bien du retard par rapport à l’œuvre de Camus ou de Sartre. Cette période coïncide avec l’éclosion de revues féminines dans lesquelles la journaliste et écrivaine Duygu Asena publie des articles abordant le féminisme. Son premier roman Kadının Adı Yok (1987), a fait l’objet de 40 éditions en un an, battant ainsi les records de publication et est devenu le manifeste du féminisme en Turquie. Duygu Asena a su embrasser dans cette œuvre les problèmes de la femme turque de toutes les couches sociales en insistant sur le fait que « même la femme libre peut subir la discrimination et la violence » et en discutant de la place secondaire des femmes dans la société turque.

Dans notre communication, nous essayerons de retracer le contour du féminisme en Turquie, dont la diffusion fut réalisée en grande partie grâce aux écrits de Duygu Asena, et de montrer le parallélisme des idées de cette écrivaine avec celles de Simone de Beauvoir. Ces deux écrivaines étant respectivement pionnières de cette nouvelle vague dans leur pays, elles ont toutes deux subi un processus de marginalisation de la part de leur société.

Résumé du colloque

Dès la fin de la guerre froide, nous observons le surgissement d’un nouvel ordre géopolitique : la mondialisation (Dirlik, 2007; Freitag, 2008; Gélinas, 2000; Lewellen, 2002; Sassen, 2009). Ce changement entraîne aussi des métamorphoses culturelles, telles que la fin du postmodernisme, événement confirmé au début du 21e siècle (Hutcheon, 2002; Hassan, 2003; Ferrer, 2010). Pendant la même période, nous constatons que, du point de vue des études littéraires, de nombreux théoriciens se penchent de nouveau sur le concept de littérature mondiale (Casanova, 1999; Prendergast, 2004; Damrosch, 2003, 2011, 2014; Miller, 2011) et ouvrent les frontières afin de dépasser le point de vue occidental en intégrant la notion de mondialisation aux études littéraires (Patil, 2006; Saussy, 2006; Pizer, 2006; Gupta, 2009). Plusieurs chercheurs approfondissent aussi les relations entre littérature et traduction (Apter, 2013; Dyre, 2009; Xie et Shi, 2011; Chaudhuri, 2012; Morgan, 2013; Casanova, 2015), contestent le concept de canon littéraire (Insko, 2003; Kermode, 2004; Fishelov, 2010) et déclarent la naissance de l’âge hypercanonique (Damrosch, 2006). Cependant, à la même époque, nous constatons une tendance contraire par rapport aux écrivaines (Planté, 2003; Underwood et Bamman, 2016; Glorieux, 2017; Langlais, 2017). En effet, des publications récentes soulignent un phénomène de « déféminisation » (Langlais, 2017) de la littérature, soulignant même « un écart entre la présence de femmes écrivains dans la culture vécue et leur faible visibilité dans l’histoire littéraire » (Planté, 2003, p. 655). Ainsi, malgré les mouvements féministes observés depuis l’après-guerre et la récente redéfinition du canon littéraire, les écrivaines continueraient de devoir surmonter de nombreux obstacles afin de faire rayonner leurs œuvres. En faisant suite à ces constats, ce colloque se propose de susciter un regard critique sur les enjeux qui caractérisent la place des écrivaines dans la littérature mondiale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
news icon Thème du colloque :
Écrivaines et mondialisation
section icon Date : 27 mai 2019

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Titre du colloque :

Écrivaines et mondialisation

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Thème du colloque :

Écrivaines et mondialisation