pen icon Colloque
quote

Le champ bourdieusien pour étudier le genre en communication : enjeux théoriques et conceptuels

MS

Membre a labase

Marilou St-Pierre : Université Laval

Résumé de la communication

Peut-on mener à bien une recherche qui mobilise à la fois la théorie des champs du sociologue Pierre Bourdieu et le genre comme outil d’analyse? Ces approches sont-elles compatibles ou, au contraire nous mènent-elles vers un cul-de-sac théorique et méthodologique? À travers ma recherche doctorale sur les parcours professionnels des journalistes sportives québécoises de 1970 à 2015, j’ai été confrontée à cette question, utilisant à la fois des composantes de la théorie des champs et mettant le genre au centre de l’analyse des récits de vingt femmes qui ont pratiqué le journalisme sportif. Le défi théorique était donc de comprendre comment, dans un système qui tend à la préservation, des rapports de pouvoir qui s’inscrivent dans la discontinuité peuvent exister et surtout évoluer. Dans le cadre de cette communication, je propose une discussion en trois temps. Tout d’abord, j’exposerai la réflexion qui m’a menée à utiliser la théorie des champs en regard de mon sujet et de mes objectifs de recherche. Dans un second temps, je vais m’attarder aux apports de chercheuses féministes (McNay, 1999 et 2000 ; Lovell, 2000 ; Thorpe, 2009 ; etc.) à la théorie des champs. Ces dernières n’ont pas manqué d’être critiques envers Bourdieu, tout en reconnaissant les possibilités analytiques offertes par sa proposition théorique. Enfin, je reviendrai sur les résultats de ma recherche, en exposant brièvement comment champs et genre se sont au final entremêlés sans s’opposer.

Résumé du colloque

Ce colloque s’intéresse aux enjeux méthodologiques entourant les études sur le genre, les médias et la communication publique. Les recherches sur les rapports de pouvoir sexués, qui font référence à la bicatégorisation hiérarchisée des sexes et aux connotations qui leur sont associées, soulèvent de nombreuses questions ontologiques, épistémologiques et éthiques qui sont rarement abordées dans les études plus classiques en études des médias et en communication publique, notamment sur la nature même de la science et de la connaissance, sur la cohérence des points de repère théoriques et méthodologiques mobilisés, sur les rapports de pouvoir entre les chercheurs et chercheuses et leurs répondant.e.s. De même, les approches méthodologiques inductives, les outils de collecte de données et les méthodes d’analyse qui sont privilégiées en études féministes des médias et de la communication publique diffèrent souvent des approches dominantes dans ce champ d’étude, ce qui pose des défis particuliers aux étudiant.e.s des cycles supérieurs qui travaillent dans ces perspectives. Enfin, les rares recherches historiques sur le genre et les médias, ou les actuelles perspectives queer sur l’espace public, amènent les jeunes chercheurs ou chercheuses à poser des questions rarement abordées dans les recherches en communication, ce qui leur lance des défis méthodologiques costauds pour lesquels il existe encore peu de points de repère scientifiques, même en études féministes. Le colloque a comme objectif de créer un lieu de discussion entre candidat.e.s au doctorat et chercheuses débutantes et chevronnées qui permettra de nommer ces difficultés et enjeux, et de délier certains noeuds.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :