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Le processus de réconciliation : reproduction ou transformation de la colonialité de la société ?

JD

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Jean-Philippe Desmarais : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Jean-Philippe Desmarais étudie en sociologie à l'Université du Québec à Montréal. Il rédige en ce moment un mémoire de maîtrise sur la figure historique de Las Casas (1485-1566) en ré-interprétant son oeuvre à la lumière de l'idée contemporaine de la réconciliation entre les Premières Nations et la société canadienne.

Dans un premier temps, cette communication vise à explorer la signification des résonances théologiques inhérentes au concept de réconciliation, et dialectiquement, en prenant acte de sa non-résonance dans les langues autochtones (Jeff Corntassel et Chaw-Win-Is 2009). À partir de cette contradiction que l'on peut aborder par le concept d'eurocentrisme qui reproduit la colonialité de la société, nous proposerons, dans un deuxième temps, une généalogie des subjectivités euro-américaines de la réconciliation par la re-connaissance de l'effort, des limites, et des transformations présentes dans l'oeuvre de Bartolomé de las Casas comme pionnier du projet de réconciliation avec les Premières Nations.

Résumé du colloque

En 1996, le rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones (CRPA) recommandait aux Canadiens d’amorcer un processus national de réconciliation. En 2015, la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVRC) appelait à un pacte de réconciliation, considérant que l’appel lancé 20 ans plus tôt par le CRPA n’avait été ni entendu ni mis en œuvre. Dans son rapport publié en 2015, la CVRC mettait l’accent sur les nombreux obstacles qui freinent cette réconciliation, tels que les malentendus culturels qui ternissent les relations entre Autochtones et allochtones dans les domaines de la santé, de la justice ou de l’éducation et la divergence des points de vue sur la signification même de la réconciliation. Ce rapport souligne en effet qu’il n’y a pas une vérité ou une vision de la réconciliation, mais de multiples perspectives. Depuis la parution du rapport, la réconciliation est devenue une préoccupation politique et sociale au Canada. Elle oriente les directions prises au sein des ministères, elle imprègne les décisions politiques en lien avec les peuples autochtones et les programmes qui leur sont adressés. Comment penser cette notion aujourd’hui sans en faire pour autant une évidence? Comment faire en sorte que la réconciliation nationale ne soit pas un cadre trop rigide reproduisant des rapports de pouvoir asymétriques? Comment prendre en compte les multiples attentes à l’égard de ce processus, toutes situées dans des contextes subjectifs, historiques, culturels et politiques différents? Avec ce colloque, la Chaire de recherche Sentinelle Nord sur les relations avec les sociétés inuit (CRSI) propose de jeter les bases d’une réflexion critique sur le concept de réconciliation, en montrant comment il est apparu à la croisée d’événements historiques et politiques, en mettant en évidence la diversité des points de vue sur le sujet et la nécessité de repenser ce qu’on entend même par relation harmonieuse.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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