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Charles Talon : Université de Sherbrooke
Il ne fait plus de doute que les changements climatiques provoquent des réflexions et des actions dans les communautés humaines. C’est dans ce contexte que se développe le concept de l’adaptation, employé comme notion phare dans de nombreux projets visant à répondre à ces changements climatiques. C’est le cas du projet Agriclimat, une initiative qui vise à offrir des outils et des informations aux agriculteurs québécois afin qu’ils s’adaptent aux changements climatiques. Mais de quelle adaptation est-il question dans ce projet? Car l’adaptation est un concept polysémique qui change souvent de sens selon l’acteur ou le groupe d’acteurs qui en fait usage. Les implications de l’adaptation ne sont pas les mêmes pour tous. C’est ce que cherche à nous démontrer Mark Pelling, dans son œuvre Adaptation to Climate Change : From Resilience to Transformation (2011), selon lequel il y aurait trois sentiers de l’adaptation. Le premier sentier viserait à la résilience d’un système, tandis que le second offrirait une transition progressive et que le dernier serait une transformation profonde du système. Chacun de ces sentiers mènerait à une société différente. Si l’on prend la typologie de Mark Pelling, à quel type de sentier d’adaptation le projet d’Agriclimat pourrait-il correspondre? Il s’agit donc ici d’amorcer une réflexion philosophique sur l’application pratique de la typologie de Mark Pelling au projet d’Agriclimat.
Les changements climatiques s’imposent à l’attention, notamment à l’échelle régionale et locale, car c’est souvent à ce niveau que les aléas et les dommages se font sentir, (rappelons les inondations de mai 2017, les vagues de chaleur de l’été 2018, des événements dont l’intensité fut exceptionnelle). Prendre cette question au sérieux suppose de poursuivre sur le plan social les efforts de transition énergétique et d’atténuation afin de faire diminuer l’émission de gaz à effet de serre. Toutefois ce n’est pas suffisant alors qu’il devient clair que rencontrer les objectifs des accords de Paris 2015 demeure tout un défi. Pendant que les décideurs semblent hésiter, les perturbations du système climatique se font sentir et vont continuer de le faire. Il faut donc que les communautés humaines s’adaptent, au Québec comme ailleurs, qu'il agisse de grandes villes ou de régions. Les villes posent des défis particuliers en raison de leur diversité et de leur étalement sur le territoire. Cette réflexion sur l’adaptation, elle doit se faire en tenant compte d’un certain nombre de paramètres : analyse de la vulnérabilité, des types de milieux et des populations, en tablant souvent sur des processus de gouvernance qui ne seront pas seulement le fait de certains experts, mais aussi quelque chose de partagé dans la population. Si les gens sont parfois un peu découragés de leur peu de pouvoir à l’échelle planétaire, à celle des régions des actions semblent encore possibles.
Ce colloque sur invitation permettra aux équipes de recherche, mais aussi aux membres du public de prendre une meilleure connaissance de ce qui se fait actuellement en adaptation aux changements climatiques dans les régions sur le territoire québécois. À ce titre, les projets en cours ont quelque chose d’exemplaire : ils pourraient être source d’inspiration ou, dans certains cas, permettre de reconnaître et peut-être d’éviter certains écueils. Le colloque sera l’occasion pour les chercheurs, pour les étudiants de maîtrise, de doctorat ou de postdoctorat rattachés aux différentes équipes, de venir faire le point sur leurs approches concrètes dans le traitement des questions, sur les défis qu’ils rencontrent et sur les résultats qu’ils ont commencé d’obtenir. Parler d’approches, c’est soulever la question des méthodologies, qui ont parfois quelque chose de souple; les équipes ont tout intérêt à mieux connaître les méthodologies mises en jeu par d’autres équipes et aussi à pouvoir discuter leurs manières d’obtenir des résultats. Les équipes invitées sont dans la plupart des cas en plein cœur de leur travail : on peut escompter que des défis auront besoin d’être exposés et analysés en profondeur. Dans certains cas, des résultats pourront être communiqués, mais il s’agira surtout de rapports d’étapes et non de bilans complets des recherches menées.
Titre du colloque :