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Le Rhin Supérieur, un espace transfrontalier propice à l’innovation scientifique, politique et sociale ? Retour sur le projet Interreg C18

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Patricia Zander : Université de Strasbourg, Faculté de géographie et d'aménagement

Résumé de la communication

Les régions frontalières de l’Union Européenne ont été privilégiées pour expérimenter de nouvelles formes politiques avec leurs modes d’action propres (Ricq, 1997). Les projets Interreg ont, depuis 1990, favorisé la coopération entre ces régions appartenant à des États différents mais partageant des questions communes (Wassenberg, Reitel, 2015). Le Rhin Supérieur est, de ce point de vue, une entité politique originale par son caractère trinational. Dans ce cadre, nous avons mené une recherche appliquée, associant chercheurs et acteurs de la société civile : le projet européen Interreg C18 « Gestion économe de l’espace dans les petites et moyennes communes du Rhin Supérieur » (2010-2012). Nous devions, par un travail
de co-construction avec les acteurs de terrain, notamment produire des outils pratiques et faire émerger de nouvelles formes de travail collectif.
Nous avons réalisé un travail de maïeutique des acteurs de terrain pour saisir en finesse les réalités complexes du foncier et
"co-construire" ainsi les outils. Le succès rencontré par l’exposition « En-vie d’espaces » tient sans doute à ce travail initial. Celui-ci a mis à jour le potentiel de relations entre des acteurs qui parfois s’ignoraient, l’outil permettant de se reconnaître dans ses pratiques et, aussi, de reconnaître l’espace de l’autre. N’est-ce pas là, l’une des clés d’un dialogue savoir-société que l’Université peut contribuer à favoriser, dans une période de mutation des rôles et des repères politiques ?

Résumé du colloque

Les changements politiques contemporains se manifestent par la promotion de modes d’action publique qui mettent au second plan le rôle régulateur de l’État et le dialogue avec la société civile organisée, tout en mettant à l’épreuve la solidarité et la cohésion sociales. Si les innovations sociales sont souvent nées dans de telles configurations, ces contraintes représentent néanmoins des défis de taille tant pour les praticien-ne-s que pour les chercheur-se-s. La capacité des innovations sociales à conduire à des transformations sociales et à de l’action publique, ou à constituer une forme de résistance à l’effritement du lien social, est ainsi de nouveau remise en question. Le but de ce colloque est de comprendre comment l’arrimage recherche-terrain permet aux acteurs de se repositionner dans un environnement en mutation et de produire des connaissances et des pratiques transformatrices. Ces défis se déclinent sur plusieurs plans :

- L’économie sociale et les autres organisations collectives sont interrogées sur leur capacité de développer une action autonome et sur leur rapport à un État qui semble moins porté vers les modèles à but non lucratif qu’il l’a déjà été.

- Les territoires, dont les instances de concertation et de développement, souvent mises à mal par les nouvelles orientations politiques, doivent trouver de nouvelles avenues pour préserver les solidarités, assurer une transition écologique et penser leur développement social.

- Le travail et ses acteurs subissent ces changements à travers la déstabilisation tant du statut salarial que des institutions syndicales.

Ces questions conduisent à s’interroger sur les pratiques et sur le rôle des établissements d’enseignement supérieur comme miroir critique et comme incubateur d’innovations sociales. Ce colloque invite également à analyser l’action spécifique de ces « passeurs » et « opérateurs » du dialogue savoirs-société, qu’ils soient assimilés au domaine universitaire ou à la pratique sociale.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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