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Audrey Bélanger : Université de Sherbrooke
Le roman historique postule, par sa seule désignation, une relation étroite entre la fiction et l’histoire, entre l’imaginaire d’un romancier et la recherche du pourquoi-comment inhérent au travail de l’historien. Il offre un lieu de rencontre propice pour amener les élèves à voir comment un discours profane n’est qu’une narration possible de l’histoire. C’est un outil de médiation qui peut contribuer à donner des ressources émotionnelles et imaginatives qui pourraient permettre à tout un chacun d’apprendre à mieux se comprendre et à comprendre les autres. En ce sens, l’œuvre du romancier offre une histoire qui, par une médiation bien conduite, peut contribuer à rendre plus intelligible une réalité sociale aux élèves.
Nos travaux cherchent à voir comment aider les élèves à s’approprier les clés de lecture et d’appréciation qui leur permettront à la fois de développer leurs compétences lectorales et leur pensée historienne. L’approche d’intervention didactique que nous avons développée amène les élèves à porter sur un objet un double regard disciplinaire et à tirer profit de cet apport pour enrichir leur compréhension et leur interprétation d’une œuvre de fiction. L’approche proposée comporte deux phases (heuristique et herméneutique) et trois temps (mise en contexte, enquête, synthèse) qui favorisent au moyen d’activités flexibles la découverte et l’analyse d’un roman historique et celle d’un temps fort historique : l’Holocauste.
L’histoire occupe une grande place dans la fiction et les médias : les BD, chansons, jeux vidéo, films, musées, pièces de théâtre, reconstitutions, romans, séries télévisées ou voyages d’histoire, entre autres, s’en abreuvent. Ces créations alimentent les mémoires d’adultes et d’élèves, qui les consomment copieusement. Or, cet usage de l’histoire est une question sensible, comme l’a montré la réception réservée à SLĀV et à Kanata. Ce symposium s’intéresse aux défauts et qualités de cette histoire profane ainsi qu’aux façons de faire appel à elle à l’école pour que les élèves aiment et apprennent l’histoire.
Par leur réception, y compris lorsqu’elles font débat sur la place publique, ces œuvres révèlent parfois plus du monde dont elles sont issues ou de celui qui les reçoit que de celui qu’elles évoquent.
Comment les exploiter en classe pour que les élèves s’y intéressent, les comprennent, les analysent et les critiquent avec méthode, donc pour qu’ils posent de mieux en mieux certains actes mentaux qui doivent guider la pratique savante des historiennes et historiens universitaires, mais aussi des citoyennes et citoyens, même si ces interprétations du passé sont parfois bien différentes de celles produites par les chercheurs? L’école est-elle prête à aborder les sujets difficiles et controversés (censure, déboulonnage, révisionnisme, etc.)? Est-elle prête à outiller les élèves pour qu’ils deviennent des citoyennes et citoyens critiques, libres et solidaires?
Pour répondre à ces questions, ce symposium explore d’un point de vue multidisciplinaire les usages scolaires possibles et souhaitables d’œuvres qui n’ont pas été créées pour l’école, mais qui peuvent néanmoins servir pour faire apprendre l’histoire aux élèves.
Ce symposium creuse les questions de fond que cela soulève et présente l’état de la recherche à ce propos, mais aussi des activités d’enseignement qui peuvent inspirer les enseignants.
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