Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marcela Patrascu : Université Rennes 2
Cette communication se propose de discuter d'un dispositif méthodologique déployé dans le cadre d’un projet de recherche démarrée en septembre 2018 et portant sur le travail des web-créatifs indépendants (Menger, 2002) (infographistes, web-designers, vidéastes, youtubeurs, créateurs de contenus numériques), travaillant à domicile ou dans des tiers-lieux de type coworking. Ce dispositif méthodologique se base sur la photo-participative (Harper, 2002), les entretiens de photo-élicitation (Chaudet et Péribois, 2014), les fiches-activités-temps (Rouch, 2006) et des entretiens compréhensifs. Une trentaine de web-créatifs indépendants du Grand Ouest de la France, travaillant à domicile ou dans des tiers-lieux de type co-working participent à cette enquête. A défaut de résultats définitifs, et sur la base des fiches et des photos-participatives récupérées, cette communication mettra en discussion la démarche de construction d’un tel dispositif méthodologique, et notamment les consignes (thématiques) données aux participants. Cette communication esquissera quelques éléments d’analyse et il s’agira de montrer en quoi ce type de dispositif « par les sens » (Simmel) et participatif permet d’approcher l’expression des émotions et des engagements affectifs des participants à l’enquête de même que, les ambiances sensorielles et sensibles des espaces-temps de travail.
Ce colloque, organisé par l’Association pour la recherche qualitative (ARQ) en collaboration avec le Groupe de recherche sur la pratique de la stratégie (GÉPS-HEC Montréal), vise à réfléchir sur les méthodologies qualitatives déployées pour comprendre les dimensions sensorielles, émotionnelles et esthétiques de la pratique, soit la manière dont les êtres humains utilisent leurs connaissances pour accomplir leurs activités. Une attention particulière sera portée aux diverses méthodes par lesquelles les acteurs, qu’il s’agisse des sujets de recherche, des professionnels ou des activistes qui les entourent, participent à la recherche qualitative portant sur ces dimensions de la pratique. Dans les dernières années, plusieurs champs de recherche ont agrandi leurs territoires en intégrant des dimensions fondamentales de la pratique qui prennent vie à travers le corps et qu’on ne peut pas toujours verbaliser ou identifier clairement (Pink, 2015). C’est le cas de la multisensorialité de l’expérience, des émotions et de l’esthétique. Ces dimensions de la pratique posent des défis majeurs en recherche qualitative, car il s’agit de saisir ce qui est invisible et imprévu; bref, ce dont on ne pense pas utile de tenir compte ou de mentionner et qui est ressenti plutôt que verbalisé. Or, ces dimensions de la pratique ont de plus en plus de résonance dans les connaissances disciplinaires et appliquées. Les recherches impliquant la sensorialité, les émotions et l’esthétique ont connu un intérêt croissant dans les sciences sociales et humaines que sont la sociologie (Goodwin, 2001; Howes et Classen, 2013; Vannini et al., 2013), l’anthropologie (Gélard, 2016; Ingold et Howes, 2011), la géographie (Bender, 2002; Davidson et Milligan, 2004), l’éducation (Filliettaz, 2007), la santé (Le Breton, 2011; Lupton, 2017), la gestion (Strati, 2007; Nicolini, 2007), la communication (Moriceau, 2016; Grosjean, 2016), et le design et les arts (Stigliani et Ravasi, 2018).
Titre du colloque :