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L’entrepreneuriat chez les minorités de langue officielle au Canada dans les industries créatives et culturelles : le cas des anglophones du Québec

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Anne Robineau : Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques

Résumé de la communication

L’entrepreneuriat « en marge des masses » dans les industries créatives et culturelles suggère qu’il existe des pratiques ou des modèles d’affaires moins conventionnels que ceux généralement décrits dans les recherches sur ces industries depuis les travaux de Richard Florida. Cet entrepreneuriat atypique serait plus fréquent chez les individus et les groupes subissant certaines contraintes géographiques ou culturelles comme l’éloignement des villes créatives, le fait d’appartenir à une minorité culturelle ou linguistique aux ressources et aux réseaux plus limités, ou de créer des œuvres ou des produits culturels très spécialisés pour un public restreint. Dans cette communication, nous étudierons plus spécifiquement le cas des industries culturelles et créatives chez les anglophones du Québec. Ce cas se situe au prisme de plusieurs problématiques sur les minorités et l’entrepreneuriat en « marge des masses ». La communauté anglophone est composée de nombreuses communautés culturelles tout ayant un statut de minorité linguistique au Québec. Elle participe à la fois à la vitalité de l’entrepreneuriat de masse et à celui plus marginal lié à pratiques artistiques plus « underground ». Pour le comprendre, nous présenterons les caractéristiques socioéconomiques et des données sur la migration inter et intraprovinciale des professionnels d’expression anglaise dans ces industries. Nous traiterons aussi d’initiatives d’organismes travaillant à l’incubation d’entreprises culturelles.

Résumé du colloque

L’apport de l’entrepreneuriat culturel et créatif à l’économie locale, mais également mondiale, est de plus en plus important, contribuant ainsi au développement économique et social de la société (Anderson et al., 2014). À ce premier phénomène se conjugue un autre, celui de la standardisation de la culture mondiale par les médias de masse et les grandes entreprises. Devant cette globalisation, un nombre grandissant d’entrepreneurs au sein des industries créatives et culturelles en viennent à adopter des caractéristiques communes, formant ainsi une masse dominante. On peut décliner ces caractéristiques selon trois dimensions. Il s’agit d’entrepreneurs : 1) se regroupant dans des métropoles créatives; 2) homogènes sur le plan socioculturel (langue, nationalité, religion, etc.); ou 3) créant des œuvres visant une diffusion dans les médias de masse. Si on dénote un intérêt sociopolitique grandissant envers les industries créatives et culturelles, le monde universitaire de la gestion n’est pas en reste. Plusieurs recherches se penchent sur l’entrepreneuriat culturel et créatif. Cependant, ces recherches, qui sont relativement uniformes, s’arrêtent à la manière d’entreprendre chez les acteurs appartenant aux masses. Du coup sont laissés de côté notamment les entrepreneurs : 1) hors des métropoles créatives (par exemple, les artistes hors des métropoles comme Montréal, Toronto, Los Angeles, New York, Paris); 2) appartenant à une minorité (par exemple, les minorités linguistiques ou ethniques); 3) qui diffusent volontairement leurs œuvres par des médias alternatifs, qualifiés ici d’entrepreneuriat marginal (par exemple, les groupes heavy metal). Conséquemment, trois questions doivent être posées : qu’est-ce qu’entreprendre hors des métropoles créatives? Qu’est-ce l’entrepreneuriat chez les minorités? Qu’est-ce que l’entrepreneuriat marginal? Ces trois questions forment les trois axes sous-tendant la problématique du colloque proposé.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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