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Les conditions sociales du développement des ressources individuelles et collectives de la réalisation du travail, enjeu des « approches compétences »

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Marie-Christine VERMELLE : Université de Lille

Résumé de la communication

Les sociologues se gardent de considérer la compétence comme un concept. Se consacrant à l’analyse des rapports sociaux de travail et donc, à l’inégal pouvoir d’action et de reconnaissance des travailleurs dans l’organisation, ils soulignent les tentatives de naturalisation de la compétence et de sa substitution au concept de qualification. Née de l’ergonomie, une conception de la compétence comme « manifestation synthétique indirecte de l’activité » (De Montmollin 1986) présente l’intérêt d’avoir réintégré le travailleur dans le processus de travail. Elle a ouvert des voies nouvelles pour la formation en situation de travail se fondant sur des techniques d’explicitation et de conscientisation. Le vocable indifférencié « d’approches compétences », dissimule une importante disparité des pratiques sociales, selon que les acteurs impliqués sont ou non dotés d’un pouvoir d’agir et d’infléchir/réfléchir sur les processus et les organisations. Est-il possible de développer la compétence sans prendre en compte les rapports de force entre les acteurs sociaux, aux différents niveaux de la régulation des relations de travail ? Quel sens donner au succès des compétences transversales dans le champ de l’insertion ? Ces questions serviront de guide à l’analyse d’expérimentations et recherches menées en ingénierie de formation.

Résumé du colloque

Problématique

L’usage qu’on peut faire de l’approche par compétences n’est pas indépendant du contexte ni de la notion de compétence elle-même. En effet, ce concept est adopté dans de nombreux domaines : linguistique, technologie éducative, psychologie cognitive, entreprise, sociologie, sociologie du travail, didactique professionnelle et formation des adultes, ergonomie, éducation de base, contexte scolaire, etc. Les vocables qu’elle mobilise sont foisonnants : compétences professionnelles, sociales, transversales, de base, académiques, disciplinaires, scolaires, cognitives, affectives, etc. Ce foisonnement n’est pas neutre. Il témoigne d’enjeux forts dans les rapports sociaux, entre employeurs et employés, entre gestionnaires des ressources humaines et les organismes syndicaux et professionnels, entre formateurs et stagiaires, enseignants et élèves.

Le colloque vise à réunir des communications sur la base de résultats empiriques, de réflexions théoriques ou d’expériences professionnelles. Trois axes seront privilégiés :

– Un axe sémantique visant à interroger le sens et la signification du terme de compétence au regard d’autres termes auxquels il peut être associé ou opposé. Il s’agit notamment de s’interroger sur les glissements sémantiques constatés entre qualification, capacité, compétence, employabilité.

– Un axe relatif aux processus d’acquisition des compétences dans leur pluralité : situation de travail, formation professionnelle, apprentissage informel. Seront également discutés les processus d’évaluation et de transfert des compétences, les démarches de reconnaissance et de validation des acquis de l’expérience.

– Un axe sociopolitique interrogeant les contextes d’émergences de l’approche par les compétences ainsi que les usages sociaux qui en sont faits. Il s’agit notamment d’interroger les enjeux et la portée qui sous-tendent le foisonnement de l’approche par les compétences ainsi que les limites pour ne pas dire les perversions qu’elle peut engendrer.

Pertinence

Le débat sur la notion de compétence montre qu’il n’existe pas une, mais plusieurs façons d’opérationnaliser ce concept. Deux enjeux principaux sous-tendent le colloque. Il s’agit tout d’abord de réunir des chercheurs et des praticiens de différents pays pour partager les résultats de leurs recherches et de leur pratique professionnelle d’accompagnement en la matière. Il s’agit ensuite d’interroger la pertinence de l’approche par les compétences au regard des enjeux sociaux, professionnels et personnels des différents acteurs que cette approche mobilise.

L’organisation du colloque est envisagée sur une durée de deux journées structurées en quatre séances d’une demi-journée chacune. Chaque séance contiendra trois communications d’une heure avec 40 minutes d’exposé et 20 minutes de débats.

Une conférence introductive sera donnée par le professeur Maurice Tardif (Université de Montréal) et sera ouverte au-delà des participants au colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
Discutant-e- de la session : Francisco Antonio Loiola
section icon Date : 27 mai 2019

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