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Les défis de l’inclusion racontés par les immigrants établis dans la région des Laurentides : Résultats préliminaires

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Marie-Laure Dioh : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Depuis plusieurs années, les recherches sur l’intégration socioprofessionnelle des immigrants au Quebec, s’entendent pour dire que cette dernière est remplie d’embûches. Si ce n’est pas leur précarité en emploi qui est décriée (Cousineau et Boudarbat, 2009), la non reconnaissance de leurs diplômes et compétences étrangères (Lenoir-Achdjian et coll., 2009), ainsi que leur forte présence dans des emplois à faible scolarité (Galarneau et Morissette, 2008) sont relevés. Au niveau des employeurs, de nombreux écueils sont observés dans les pratiques de gestion (Dioh et Racine, 2017) et de rétention en emploi. Pourtant, le Québec continue d’attirer bon nombre d’immigrants. Les politiques de régionalisation et les politiques d’accueil des réfugiés, les amènent de plus en plus à s’installer en région, notamment dans les Laurentides. L’intégration socioprofessionnelle y est-elle plus optimale, du fait des besoins croissants de main-d’œuvre ? Un récent projet de recherche propose des réponses à cette question. Les récits de vie des travailleurs qualifiés et des réfugiés rencontrés dans les Laurentides, soulignent de nombreux obstacles pour intégrer durablement le marché de l’emploi et la société d’accueil. Force est de constater que les défis d’inclusion restent entiers, malgré les politiques et programmes gouvernementaux, et les pratiques locales d’accueil.

Résumé du colloque

L’immigration est un enjeu incontournable pour les sociétés contemporaines. Au Québec, elle répond notamment à une problématique de vieillissement de la population, un besoin croissant de main-d’œuvre et une volonté de conserver le français comme langue première. Du point de vue des personnes immigrantes, les motivations entourant l’immigration sont diverses et s’appuient autant sur des motifs de sécurité que sur des raisons personnelles ou familiales, économiques et professionnelles.

Les discours entourant la migration sont souvent centrés sur les problématiques d’intégration. Souvent, la notion de l’intégration et l’inclusion sont confondues. Or, être intégré ne veut pas dire être inclus. L’expression d’étrangéité « vous et nous autres » dans la représentation sociale brouille même la notion d’inclusion, qui implique la façon de se sentir dans la société d’accueil, peu importe le temps vécu dans cette société. Cette construction binaire est également reproduite dans la distinction entre migrants. Par exemple, des mécanismes d’exclusion comme le racisme ou la xénophobie envers les immigrants des minorités visibles ou les pratiquants d’une religion minoritaire sont encore rapportés dans les médias, les articles scientifiques ou les conférences. Ces mécanismes d’exclusion sont souvent subtils et ne restent pas uniquement sous forme d’opinion. Ils s’accompagnent quelquefois d’actions discriminatoires.

Si l’inclusion est considérée comme une étape plus élaborée que l’intégration dans la perspective du vivre-ensemble, le chemin est encore loin devant. L’inclusion amène à concevoir l’unité non pas par la conformité, mais à partir de la diversité des individus. Comment mieux favoriser l’inclusion au Québec? C’est la discussion proposée dans le cadre de ce colloque. Deux thématiques seront dès lors abordées. La première souligne les enjeux d’inclusion en contexte d’immigration et la deuxième met en évidence les pratiques visant à rendre les milieux plus inclusifs. Le colloque commencera par définir la notion d’inclusion, puis fera une description de la situation au Québec, en prenant pour exemple le portrait socioprofessionnel des immigrants en région et celui des élèves du secondaire issus de l’immigration. Par la suite, le colloque se penchera sur l’incidence des lois et des institutions sur l’inclusion au Québec, en soulignant le parcours des travailleurs temporaires et des demandeurs d’asile. Aussi, les organismes communautaires travaillant avec les personnes issues de l’immigration partageront leurs expériences sur le plan des défis et des pratiques favorisant l’inclusion. À la fin, les différentes pratiques et des exemples d’initiatives visant une meilleure inclusion dans le contexte d’immigration seront partagés. Cette mise en commun d’expertises de chercheurs multidisciplinaires et d’intervenants communautaires sera un levier scientifique et un catalyseur pour favoriser l’inclusion des immigrants au Québec.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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