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Les fondements épistémologiques, didactiques et idéologiques du programme d’Histoire du Québec et du Canada

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Céline CURTIL : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Enseigner la diversité des expériences et les questions socialement vives au secondaire est une tâche délicate qui peut paraître périlleuse pour certain(e)s enseignant(e)s d’univers social. Pour autant, ces dernier(e)s sont encouragé(e)s, dans le nouveau programme d’Histoire du Québec et du Canada de deuxième cycle du secondaire (Gouvernement du Québec, 2017), à considérer leur classe comme « un lieu où se confrontent divers points de vue et où sont traités tour à tour les conflits, les contradictions et les sujets de consensus ou de division » (p. 1). Ainsi, l’enseignant(e) doit offrir un « espace de discussion sur la mémoire, l’identité et la diversité » (Ibid., p. 1) afin que ses élèves aient l’opportunité non seulement de confronter diverses interprétations, mais aussi d’envisager différentes perspectives historiques, afin de développer « des aptitudes critiques et délibératives favorables à la participation sociale » (Ibid., p. 1). Dans cette communication, nous présentons les résultats d’une analyse de contenu de type mixte réalisée dans le cadre d’un essai portant sur les fondements épistémologiques, didactiques et idéologiques du programme d’Histoire du Québec et du Canada. Tout d’abord, nous déterminons la place qui est réservée aux premières Nations, à l’histoire plurielle et à l’histoire des femmes dans le nouveau programme. Ensuite, nous explorons les pistes qui y sont proposées pour aborder les « sujets de division » tout en nous interrogeant sur leur portée.

Résumé du colloque

Il existe une réelle volonté, partagée par des chercheurs et praticiens en éducation, de promouvoir une meilleure justice sociale par l’étude des inégalités. On souhaite préparer les élèves à agir sur le monde pour le rendre plus juste. Cette manière de penser l’école trouve sa source au sein des pédagogies critiques (Freire, 1974), antiracistes (Eckmann et Davolio, 2002) et féministes (Brunet et Demers, 2018). Les enseignants sont incités à traiter des relations de pouvoirs en classe, par l’entremise des notions de genre, de race, d’ethnicité, de langue, de classe et d’invalidité, pour ne nommer que celles-là, qui structurent la vie sociale. Mais il faut bien le constater, parler de ces thèmes cause de l’inconfort autant aux enseignants qu’aux élèves. Le présent symposium vise à mieux comprendre cet inconfort (Boler et Zembylas, 2003) en ciblant en particulier la classe d’histoire.

La classe d’histoire, souvent associée à la formation des futurs citoyens, est perçue comme un lieu naturel pour traiter des rapports de pouvoir à l’école. Les sujets ne manquent pas : esclavagisme, luttes féministes, exclusions historiques de groupes minorisés, etc. Mais ces sujets créent des inconforts. Certains enseignants craignent de paraître militants. On observe aussi des résistances à l’intégration de ces questions dans les curriculums (Scott et Gani, 2018). D’autres enseignants se sentent à l’aise d’analyser sous l’angle des perspectives (Seixas et Morton, 2012), mais préfèrent parfois les mettre sur un pied d’égalité, écartant par le fait même l’étude des hiérarchies et marginalisations sociales. On peut comprendre que plusieurs craignent de mettre en péril l’« espace sécuritaire » que constitue leur classe (Zembylas, 2015).

Il nous paraît fondamental de mieux documenter et théoriser cet inconfort pour ultimement l’anticiper, et agir. Ce symposium sera donc centré sur la problématique suivante : pourquoi cet inconfort, comment le comprendre et de quelle manière l’accueillir?

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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