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Olivier PERRU : Université Claude-Bernard-Lyon-I
Du 16e siècle au début du 20e, les récits bibliques de création (Genèse 1 et 2) ont été enfermés dans une lecture très fondamentale qui excluait les métaphores dans le sens littéral d’un récit. S. Augustin pratique une lecture anthropocentrique de la création, mais il en traduit également le dynamisme : la création n’est pas figée une fois pour toutes après l’œuvre des six jours. Ce dynamisme n’exclut donc pas ce que nous appellerions évolution ; Augustin pensait à la génération spontanée dont le sens était historique, mais le récit servait de support à plusieurs niveaux de lecture. Le sens littéral des récits de création ne signifie donc pas que le sort de chaque espèce, y compris l’Homme, soit scellé définitivement.
La création du monde physique maintient une ouverture au développement de la vie dans le temps ; mais Augustin n’est pas évolutionniste au sens moderne d’émergence de nouveauté radicale. Le dynamisme des raisons causales est le pivot qui fait de la théologie d’Augustin une pensée ouverte à un monde qui se transforme. Ces rationes sont le principe d’un déploiement et d’une évolution de la vie. En tant que λόγοι, elles s’enracinent dans le Lόgoς qui leur confère une puissance au sens de dynamisme à l’intérieur du monde physique. Les espèces vivantes seraient présentes de façon cachée dans la prima conditio. Chez Augustin, Dieu initie un processus ; les récits de création montrent le don par Dieu d’un pouvoir immanent de développement historique de la vie.
Ce colloque pluridisciplinaire sur le récit est organisé dans le cadre de la collaboration entre des chercheurs de l’Université Lyon 1 et de l’Université du Québec en Outaouais. S’inscrivant dans les travaux de didactique de sciences et de gestion de la classe menés par ces partenaires depuis quelques années, le récit émerge comme une thématique fédératrice méritant réflexion. Ainsi, les coresponsables proposent de développer des échanges scientifiques autour du récit et ses usages, en invitant chercheurs et praticiens de disciplines et de champs de pratique variés à établir un dialogue sur leurs avancées théoriques et méthodologiques sur le récit. Il s’agit alors de questionner les fondements épistémologiques du récit, ses diverses utilités et les fonctions de la dimension narrative. Dès lors se pose la question des formes possibles de cette dimension, comme représentation multimodale construite ou reconstruite sur la base de systèmes sémiotiques plus ou moins normés et liés aux dimensions de syntaxe, de sémantique et de pragmatique. Ces récits, articulés autour de l’acheminement d’une information à un destinataire plus ou moins identifié, constituent une forme de communication spontanée ou structurée. Le récit entretient donc des rapports pluriels à la réalité et à l’imaginaire, développe la capacité inventive et interprétative de l’auteur et du récepteur, et contribue au déploiement de nouvelles compétences. Le récit fait l’objet de nombreux usages, dans pratiquement tous les domaines et contextes de la vie socioéconomique, politique et scientifique. Plusieurs études s’en emparent, soit en tant qu’objet d’étude, soit en tant qu’instrument méthodologique. Ce colloque vise à questionner les enjeux, fonctions et usages du récit, les contraintes auxquelles il doit se soumettre, ou dont il est objet de critique, l’intention et l’objectivité des usagers : qu’est-ce qui est raconté, qui le raconte? Qui a commandité ce récit, pour quelle visée et pour quels usages?
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