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Les répresentations sociales des acteurs judiciaires de la chambre de la jeunesse du Québec dans un contexte de changements pénaux

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Chloé Robitaille : Université de Montréal

Résumé de la communication

Depuis la création de la première loi criminelle pour mineurs en 1908, celle-ci fut remplacer à deux reprises soit par la Loi sur le jeune contrevenant en 1984 puis par la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents en 2003. Ces changements législatifs ont découlé de modifications de mentalités et d’approche concernant la prise en charge de la criminalité juvénile. Passant d’une loi paternaliste désirant protéger le jeune de son environnement, la loi actuelle vise principalement la protection de la société par la gestion du risque que comporte les adolescents. Si on reconnait assez facilement un changement de mentalité dans les politiques pénales, on connait assez peu l’évolution des représentations des acteurs qui œuvrent quotidiennement auprès des jeunes. La présente communication discutera des résultats d’entrevues réalisées auprès de procureurs de la couronne et de juges travaillant à la Chambre de la jeunesse sur leurs représentations des délinquants mineurs et leur prise en charge par le système de justice.

Résumé du colloque

Plusieurs auteurs parlent d’un virage punitif dans les politiques et discours à l’égard des criminels. Or, l’existence d’un tel virage dans les pratiques pénales demeure à ce jour assez méconnue, et ce, particulièrement au Canada. En effet, si les tendances dans les taux d’incarcération ont assez bien été documentées, on connaît très peu les tendances touchant les autres dimensions de la pénalité (les mises en accusation, les verdicts de culpabilité, le recours aux autres peines, le suivi des peines, la surveillance, etc.). De plus, ces grandes tendances ont souvent pour effet de masquer les différences qui peuvent exister selon les provinces, les contrevenants, les types de délits, etc. En effet, Garland (2011) développe le concept de « culture pénale locale » pour justifier l’intérêt de regarder, dans différentes communautés, comment les lois et les politiques sont réellement mises en pratique. Plusieurs proposent que les acteurs judiciaires demeurent les plus grands responsables des transformations pénales, et que c’est à leurs pratiques quotidiennes que l’on doive porter une attention particulière si on veut comprendre le sens de la pénalité aujourd’hui.

L’objectif de ce colloque est de faire place aux étudiants et aux chercheurs qui s’intéressent aux pratiques qui entourent la pénalité. Il vise à faire dialoguer les chercheurs qui travaillent sur les tendances de la pénalité (à l’aide de statistiques sur les tribunaux) et ceux travaillant sur les pratiques pénales, telles qu’observées à travers le travail quotidien des acteurs judiciaires (par des entrevues, des observations ou des analyses de la jurisprudence). En nous intéressant à différentes étapes du processus judiciaire et à différentes clientèles (détenu, sursitaire, mineur, personne présentant des troubles mentaux, etc.), nous espérons pouvoir entrecroiser les conclusions et offrir une réflexion plus générale sur le sens de la peine aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

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