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Sid Ahmed Soussi : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication livre les résultats d’une recherche sur les conditions de séjour, de travail et d’accès aux droits sociaux du travail des travailleurs migrants temporaires (TMT) au Canada. L’enquête, menée dans la transformation alimentaire et l’hôtellerie/restauration au Québec a deux objectifs. Le premier vise à répondre aux interrogations suivantes : ce recours est-il dû, comme le soutiennent l’Administration publique et les employeurs, à la pénurie de main-d’œuvre ? La réduction des coûts du travail, en lien avec la désyndicalisation subséquente de ces secteurs, y contribue-t-elle ? Qu’en est-il des inégalités d’accès des TMT à certains droits sociaux ? Le deuxième objectif étudie les impacts du « programme de travailleurs étrangers temporaires », un dispositif juridico-administratif qui obéit aux trois principes prônés par l’Organisation internationale pour les migrations. La circularité : les TMT doivent rentrer chez eux pour une période blanche avant de repostuler pour un emploi ; le contrat temporaire : la durée du séjour est toujours limitée, sachant que l’emploi est permanent ! Et enfin, le permis nominatif qui subordonne nominativement l’employé à son employeur unique et singularise une relation d’emploi qui échappe de facto à la plupart des normes du travail locales. Il verrouille l’accès à la syndicalisation et prive les TMT de nombreux autres droits et bénéfices sociaux du travail auxquels ont accès les salariés résidents.
L’immigration est un enjeu incontournable pour les sociétés contemporaines. Au Québec, elle répond notamment à une problématique de vieillissement de la population, un besoin croissant de main-d’œuvre et une volonté de conserver le français comme langue première. Du point de vue des personnes immigrantes, les motivations entourant l’immigration sont diverses et s’appuient autant sur des motifs de sécurité que sur des raisons personnelles ou familiales, économiques et professionnelles.
Les discours entourant la migration sont souvent centrés sur les problématiques d’intégration. Souvent, la notion de l’intégration et l’inclusion sont confondues. Or, être intégré ne veut pas dire être inclus. L’expression d’étrangéité « vous et nous autres » dans la représentation sociale brouille même la notion d’inclusion, qui implique la façon de se sentir dans la société d’accueil, peu importe le temps vécu dans cette société. Cette construction binaire est également reproduite dans la distinction entre migrants. Par exemple, des mécanismes d’exclusion comme le racisme ou la xénophobie envers les immigrants des minorités visibles ou les pratiquants d’une religion minoritaire sont encore rapportés dans les médias, les articles scientifiques ou les conférences. Ces mécanismes d’exclusion sont souvent subtils et ne restent pas uniquement sous forme d’opinion. Ils s’accompagnent quelquefois d’actions discriminatoires.
Si l’inclusion est considérée comme une étape plus élaborée que l’intégration dans la perspective du vivre-ensemble, le chemin est encore loin devant. L’inclusion amène à concevoir l’unité non pas par la conformité, mais à partir de la diversité des individus. Comment mieux favoriser l’inclusion au Québec? C’est la discussion proposée dans le cadre de ce colloque. Deux thématiques seront dès lors abordées. La première souligne les enjeux d’inclusion en contexte d’immigration et la deuxième met en évidence les pratiques visant à rendre les milieux plus inclusifs. Le colloque commencera par définir la notion d’inclusion, puis fera une description de la situation au Québec, en prenant pour exemple le portrait socioprofessionnel des immigrants en région et celui des élèves du secondaire issus de l’immigration. Par la suite, le colloque se penchera sur l’incidence des lois et des institutions sur l’inclusion au Québec, en soulignant le parcours des travailleurs temporaires et des demandeurs d’asile. Aussi, les organismes communautaires travaillant avec les personnes issues de l’immigration partageront leurs expériences sur le plan des défis et des pratiques favorisant l’inclusion. À la fin, les différentes pratiques et des exemples d’initiatives visant une meilleure inclusion dans le contexte d’immigration seront partagés. Cette mise en commun d’expertises de chercheurs multidisciplinaires et d’intervenants communautaires sera un levier scientifique et un catalyseur pour favoriser l’inclusion des immigrants au Québec.
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