pen icon Colloque
quote

L'inconfort asymétrique: recension des perspectives anglophones par rapport à la reconnaissance des francophones et des autochtones au sein des programmes d'études sociales en Alberta

RG

Membre a labase

Raphaël Gani : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Les francophones et les autochtones sont reconnus au sein de plusieurs programmes d’études sociales de l’Ouest canadien, et de manière inégalée en Alberta. Or, plusieurs partenaires éducatifs anglophones (ex. enseignants, chercheurs) sont inconfortables face à cette reconnaissance asymétrique puisqu’elle vise seulement deux groupes. De quel inconfort s'agit-il? À l'aide d'une revue de littérature exhaustive ainsi que de données récoltées au sein de groupe de discussion en Alberta (Gani et Scott, 2017; Scott et Gani, 2018), nous distinguerons les arguments mobilisés contre la reconnaissance des perspectives francophones de ceux utilisés contre les perspectives autochtones. La similarité des arguments fait émerger un troisième type de perspectives non reconnues dans les programmes: les perspectives anglophones, généralement hostiles à la reconnaissance asymétrique (Taylor, 1994). Par contre, notre étude illustre que les perspectives anglophones se veulent plus sympathiques envers la cause autochtone. Cet inconfort asymétrique reflète subtilement la supplantation, à l'échelle canadienne, d'un type de réconciliation (entre francophones et anglophones) par un autre (entre non-autochtones et autochtones), sans que les deux s'additionnent. Une voie de recherche prometteuse sera d'explorer pour les partenaires éducatifs anglophones, les coûts et les bénéfices de prioriser un type de réconciliation.

Résumé du colloque

Il existe une réelle volonté, partagée par des chercheurs et praticiens en éducation, de promouvoir une meilleure justice sociale par l’étude des inégalités. On souhaite préparer les élèves à agir sur le monde pour le rendre plus juste. Cette manière de penser l’école trouve sa source au sein des pédagogies critiques (Freire, 1974), antiracistes (Eckmann et Davolio, 2002) et féministes (Brunet et Demers, 2018). Les enseignants sont incités à traiter des relations de pouvoirs en classe, par l’entremise des notions de genre, de race, d’ethnicité, de langue, de classe et d’invalidité, pour ne nommer que celles-là, qui structurent la vie sociale. Mais il faut bien le constater, parler de ces thèmes cause de l’inconfort autant aux enseignants qu’aux élèves. Le présent symposium vise à mieux comprendre cet inconfort (Boler et Zembylas, 2003) en ciblant en particulier la classe d’histoire.

La classe d’histoire, souvent associée à la formation des futurs citoyens, est perçue comme un lieu naturel pour traiter des rapports de pouvoir à l’école. Les sujets ne manquent pas : esclavagisme, luttes féministes, exclusions historiques de groupes minorisés, etc. Mais ces sujets créent des inconforts. Certains enseignants craignent de paraître militants. On observe aussi des résistances à l’intégration de ces questions dans les curriculums (Scott et Gani, 2018). D’autres enseignants se sentent à l’aise d’analyser sous l’angle des perspectives (Seixas et Morton, 2012), mais préfèrent parfois les mettre sur un pied d’égalité, écartant par le fait même l’étude des hiérarchies et marginalisations sociales. On peut comprendre que plusieurs craignent de mettre en péril l’« espace sécuritaire » que constitue leur classe (Zembylas, 2015).

Il nous paraît fondamental de mieux documenter et théoriser cet inconfort pour ultimement l’anticiper, et agir. Ce symposium sera donc centré sur la problématique suivante : pourquoi cet inconfort, comment le comprendre et de quelle manière l’accueillir?

Contexte

section icon Thème du congrès 2019 (87e édition) :
Engager le dialogue savoirs – sociétés
section icon Date : 27 mai 2019

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :